SILENT NIGHT, DEADLY NIGHT 5:
THE TOY MAKER

1991

RÉALISATION: Martin Kitrosser
SCÉNARIO: Martin Kitrosser et Brian Yuzna
AVEC: Jane Higginson, William Thorne, Tracy Fraim, Neith Hunter et Mickey Rooney

Lors de sa sortie en 1984, Silent Night, Deadly Night a engendré une certaine controverse. Plusieurs parents étaient outrés de l'exploitation du Père Noël dans un film d'horreur bas de gamme. Une des personnalités les plus loquaces sur le sujet fut l'acteur Mikey Rooney, qui ne s'est pas gêné de traiter les producteurs du film d'ordures. Il faut croire que les rôles se faisaient rares au début des années 90, puisque l'acteur a accepté de jouer dans Silent Night, Deadly Night 5: The Toy Maker. Un film qui ironiquement le présente dans une des scènes vêtu du costume de Père Noël juste avant de commettre un meurtre! C'est qui l'ordure??

Dans ce cinquième opus, Rooney personnifie Joe Petto (un clin d'oeil à Pinocchio peut-être?), le propriétaire d'un petit magasin de jouets. À l'approche de Noël, le jeune Dereck voit son père se faire assassiner par un jouet provenant d'un mystérieux paquet. Lorsque sa mère l'amène chez Joe Petto pour apaiser son chagrin, Dereck se méfie du vieil homme et de son fils Pino (je crois que la référence est claire maintenant!). Lorsque les enfants de son voisinage se font attaquer par leurs jouets et que sa gardienne se fait tirer par des soldats miniatures, Dereck est persuadé que Joe Petto est responsable du carnage. Mais encore faut-il prouver que le vieil homme a réellement le pouvoir de contrôler ses jouets.

À ce stade de la série, l'histoire de Billy et Ricky, les Pères Noël meurtriers, a été relégué aux oubliettes au profit d'une approche plus anthologique. Alors que Silent Night, Deadly Night 4: Initiation amenait maladroitement la série dans de cette nouvelle direction, le cinquième chapitre, The Toy Maker réussit à se démarquer comme film distinct tout en utilisant adéquatement la fête de Noël pour justifier son inclusion dans la série. Plusieurs artisans du quatrième chapitre sont de retour, Brian Yuzna agissant comme producteur et scénariste, et on sent l'intention de se racheter suite à un film qui a déçu les amateurs de la série.

Sans crier au chef d'oeuvre, Silent Night, Deadly Night 5: The Toy Maker est un petit film de Noël sans grande prétention, agréable à condition de le consommer avec un minimum d'attente. Son atout le plus précieux est qu'après trois suites atroces, il offre un produit potable. L'utilisation des jouets démoniaques est symptomatique d'une époque où les Child's Play, Demonic Toys, Dolls et Puppet Master envahissaient les tablettes des clubs vidéo. Il était logique et souhaité que Noël se mêle à ce sous-genre.

Le concept du jouet meurtrier offre aux scénaristes du film un éventail illimité de façons de tueur ses victimes et sur ce point, Yuzna et Martin Kitrosser (scénariste des chapitres 3 et 5 de la série Friday The 13th) manquent plusieurs opportunités d'élever d'un cran la qualité de leur film. Le scénario prend beaucoup trop son temps pour développer des personnages et des histoires secondaires accessoires. La première heure du film est d'ailleurs peu inspirée puisqu'elle laisse les jouets au placard pour nous offrir un mélodrame digne des meilleurs soaps américains. La scène de meurtre de la gardienne donne finalement le ton. Celle-ci se fait maganer par une panoplie de jouets en pleine partie de jambe en l'air avec son copain. La dernière partie du film, nous balance des revirements rocambolesques, mais le tout concorde bien avec l'esprit du scénario. Si seulement, le carnage exécuté par les jouets avait été plus volumineux et le ton du film plus malsain (comme le premier film de la série), Silent Night, Deadly Night 5 aurait pu s'avérer plus qu'une simple curiosité du genre.

Pour ce qui est du vénérable Mickey Rooney, il offre une performance embarrassante, le genre qui rend le spectateur mal à l'aise de voir une telle légende s'humilier à l'écran. Ça lui apprendra à proférer des conneries sur le film original! Le scénario introduit aussi des personnages de Silent Night, Deadly Night 4, question de justifier la présence de ce chapitre dans la série. C'est ainsi que Neith Hunter revient dans le rôle de Kim, qui cette fois-ci, s'avère être la voisine et meilleure amie de la mère de Dereck. Clint Howard est aussi de retour dans le rôle d'un homme nommé Ricky. Son personnage ne semble pas être le même que celui de Initiation par contre. Le plus beau lien au film précédent provient par contre d'une larve jouet, qui est la reproduction de la bestiole qu'on retrouve dans le film précédent. C'est complètement inutile à l'histoire, mais ceux qui ont enduré la série jusqu'à la fin apprécieront certainement.

C'est ainsi que se termine, pour l'instant, la série Silent Night, Deadly Night. Si The Toy Maker est loin d'être l'exemple d'un bon film, le fait qu'il ne soit simplement pas mauvais joue énormément en sa faveur.

  • Dany Champagne

  • • Douce Nuit, Sanglante Nuit: Les Jouets De La Mort (version française/France)

     

    Silent Night, Deadly Night (1984)
    Silent Night, Deadly Night Part 2 (1987)
    Silent Night, Deadly Night 3: Better Watch Out! (1989)
    Silent Night, Deadly Night 4: Initiation (1990)

     

    • Demonic Toys (1992)
    Puppet Master (1989)

     

     
     


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