THE RUINS

2008

RÉALISATION: Carter Smith
SCÉNARIO: Scott B. Smith
AVEC: Jonathan Tucker, Jenna Malone, Shawn Ashmore, Laura Ramsey et Joe Anderson

Scott B.Smith n’a écrit que deux romans jusqu'à maintenant : A Simple Plan, adapté par Sam Raimi en 1998 et The Ruins. À peine une semaine après que ce dernier soit sorti, Carter Smith ( aucun lien avec l’écrivain ) reçoit un appel des studios lui parlant de l’adaptation du roman, alors que Smith est justement en train de le lire. Ce n’est après que de longs combats pour prouver qu’il était le réalisateur parfait pour ce film ( car The Ruins est son premier long métrage ) que Carter Smith réussit à convaincre les producteurs, qui ne sont nul autres que Steven Spielberg et…Ben Stiller!

Alors qu’il ne reste que deux jours à leurs vacances, quatre jeunes Américains se font convaincre par un vacancier Allemand de le suivre jusqu'à une ancienne pyramide Maya qui ne se trouve sur aucune carte. C’est ainsi que les cinq jeunes personnes, accompagnés par un Grec, se rendent dans la jungle. Mais à peine rendue, des villageois arrivent sur place et les menacent de rebrousser chemin. Malheureusement, une des jeunes femmes touche à la végétation entourant la pyramide. Les villageois « pètent » alors une coche et abattent le Grec, obligeant les touristes à se rendre en haut de la pyramide. C’est alors que leurs derniers jours de vacances se transforment en pur cauchemar, car les villageois ne sont pas la chose à craindre le plus, pas autant que la végétation!

À première vue, The Ruins n’a l’air de rien de plus qu’une autre version de Turistas et de plein d’autres films de ce genre avec sa nudité gratuite, son idée de base qui pue le réchauffé à plein nez et ses belles vedettes. Cependant, The Ruins est bien plus que cela! Dès que le meurtre du Grec se produit ( de façon tout à fait inattendue, comme le meurtre du shérif dans Wrong Turn ), le film change complètement de ton.

À la base, le scénario de The Ruins est beaucoup plus intelligent qu’il ne semble l’être. Je n’ai pas lu le roman, cependant, la version que Scott B. Smith a créé pour le film est géniale. Tout d’abord, le film ne possède aucun temps mort. Bien sur, au début, tout est plus lent et léger. Mais le film ne lâche plus le spectateur dès que l’action commence et ce, jusqu'à la toute dernière image. De plus, sous des allures de film survival et de film de monstre, The Ruins est plutôt un long métrage psychologique. Les villageois et la végétation, bien qu’ils aient un rôle à jouer dans l’horreur du film, ne sont que secondaires. C’est plutôt ce que les protagonistes se font entre eux et à eux-mêmes qui est le plus épeurant et choquant. Les véritables méchants de l’histoire sont plutôt la paranoïa et la détresse que vivent les personnages et les actions que ses éléments engendrent chez les protagonistes.

Mais malgré énormément d’éléments psychologiques, le film possède tout de même son lot de scènes écœurantes et choquantes. Je pense entre autres à une scène d’amputation qui m’a fait grimacer et détourner mon regard de l’écran. Rarement depuis Misery, une scène contenant des jambes cassées n’aura été aussi bien réussie. Ou alors, lorsqu’un des personnages est persuadé que des vignes sont en elle et décide de se les arracher elle-même avec un simple couteau! Le gore est assez espacé, mais extrêmement fort. Lorsqu’il est présent, il vaut la peine.

Comme mentionnée plus haut, la paranoïa joue un rôle très important dans le film et je dois féliciter Laura Ramsey pour sa prestation. D’ailleurs, Carter Smith a eu l’excellent idée d’engager des acteurs pas seulement beaux, mais aussi extrêmement talentueux pour rajouter une cerise supplémentaire sur le gâteau.

Dans sa réalisation, Carter Smith continue dans la même pensée que le scénario de Scott B. Smith, c’est à dire : la simplicité. La majorité du film ne se passe que sur le minuscule toit de la pyramide et Smith réussit à rendre le long métrage fluide et non répétitif malgré le peu d’espace dont bénéficient ses personnages. De plus, alors qu’il ne possède presque aucune expérience, il démontre qu’en seulement un film, il est capable de devenir l’un des gros joueurs hollywoodiens en matière d’horreur. Il sait comment faire peur, comment dégoûter et il se sert de ses talents à merveille.

Malgré une fin plutôt moche, je n’enlève pas de point au score final du film. Normalement, c’est ce que je ferais, mais ce serait une parjure envers l’excellence du film. En gros, The Ruins mérite amplement le titre de meilleur film de 2008 jusqu'à maintenant et une place de choix dans mon cœur.

  • Dominic Paulhus

  • Les Ruines (version française/Québec)

  • Cabin Fever (2002)
  • The Thing (1982)

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