Critique – Final Girl (2015)

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RÉALISATION: Tyler Shields
SCÉNARIO: Adam Prince

AVEC: Abigail Breslin, Wes Bentley, Alexander Ludwig, Cameron Bright et Logan Huffman

Je suis frustré! Non, pire que ça! Je suis en tabarnak! Pourquoi, me demandez-vous sûrement (en fait, je suis pas mal sûr que vous vous en crissez, mais, puisque c’est ma critique, vous allez devoir endurer mes états d’âme, muahahahaha). Je suis dans cet état parce que j’aimais l’idée derrière Final Girl. Parce que j’aime bien Abigail Breslin (Zombieland, Maggie). Parce que j’apprécie le titre du film et qu’il évoque une certaine importance en tant qu’amateur de films d’horreur. Parce que, finalement, c’est un film affreux, ignoble, vomitif, ennuyant! Il passe à un poil d’être le pire film que j’ai vu en 2015. Donc, attachez vos tuques parce ça va être long et ardu.

Veronica est une jeune orpheline dont les parents ont été tués. Un homme la prendra sous son aile afin de l’entraîner à être une machine à tuer. Douze ans plus tard, c’est son baptême de feu. Elle devra faire semblant d’être la pauvre victime face à quatre tueurs en série, mais, ce qu’eux ne savent pas, c’est qu’ils serviront de proies cette fois.

Je dois admettre que j’ai été charmé par l’idée de départ, un genre de «Rape and Revenge» mettant en vedette une fille qui, à la place d’être une victime, est la «final girl» par excellence. Ça me faisait un peu penser à While She Was Out, film méconnu et sympathique. Alors, pourquoi ça ne fonctionne pas pour Final Girl? Parce que rien n’est plaisant dans ce film. Rien!!!! R-I-E-N!!!!! Et pour l’occasion, pourquoi ne pas séparer chaque section par des sous-titres! Je sais que vous aimez ça, ma bande de coquins!

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Pas de rape et revenge pitoyable!

Je suis d’accord pour dire que Veronica ne se fait pas violer par les antagonistes à la base. Néanmoins, elle se venge de toutes les filles violées et tuées par ceux-ci. Donc, la vengeance se doit d’être satisfaisante. Les meurtres doivent être originaux et douloureux. Or, il n’y a rien de ça dans Final Girl. Tout d’abord, l’action début réellement après 55 minutes sur une durée totale de 1h25. C’est peu. Très peu. Aussi, Veronica drogue ses victimes avant de les tuer. Cette drogue leur montre leur plus grande peur. Cependant, ces peurs sont complètement ridicules. Par exemple, un des antagonistes hallucine deux types déguisés en pandas. En PANDAS!!!! Pourquoi???

De plus, aucun meurtre n’est gore. Je suis d’avis que ce n’est pas nécessaire, mais, dans ce genre de film, c’est plutôt la norme. Si, au moins, les meurtres étaient amusants et douloureux sans être gores, ça aurait passé. Mais non! Les meurtres ressemblent plutôt à Vision-Panique-Étranglement. Bref, rien d’intéressant pour le spectateur.

«Tu sais ce qui est bien avec les cônes de crème glacée?»

Vous avez envie de dialogues tellement pitoyables que vos oreilles se mettent à saigner? Et bien, Final Girl est pour vous! Vous entendrez des lignes totalement risibles telles que «Tu sais ce qui est bien avec les cônes de crème glacée? On peut les transporter partout», «Vis comme si tu allais mourir demain» ou encore «Tu as assez de viande mon chéri?». Le pire, c’est que ces phrases sont toutes dites d’un ton sérieux. Uuuugh!

Regardez-moi! Je joue!

Il est difficile de trouver des acteurs jouant d’une manière aussi fade que ceux-ci. Abigail Breslin et Wes Breslin (American Beauty) agissent automatiquement, sans passion. On croirait voir à l’écran Kristen Stewart (Twilight). Le pire provient cependant de Logan Huffman (V) qui, tout à l’opposé de ses deux collègues, surjoue. Huffman a le rôle d’un des quatre psychopathes et passe son temps à courir et crier avec une hache dans les mains. Tous les stéréotypes du fou dangereux sont présents. Néanmoins, Cameron Bright (Hnuger Games), dans le rôle du chef de la bande, rehausse un peu le tout avec un jeu juste malgré les dialogues merdiques qu’il possède.

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Y a-t-il un scénariste ici? Oui… Malheureusement…

Incohérences et symbolisme à deux balles. Ce sont les mots qui nous viennent à l’esprit en visionnant ce film écrit par Adam Prince (Red Sky). On a droit à des scènes qui ne servent absolument à rien. Par exemple, Veronica doit, à un certain moment, recueillir des informations de la part d’une des copines des psychopathes. Or, elle ne retire rien de la conversation si ce n’est que les milkshakes à la vanille du resto dans lequel elle se trouve sont bons. De plus, on a droit à plusieurs scènes de flirt entre l’héroïne et son mentor, mais ça n’amène nulle part. Même à la dernière scène du film, on y a droit.

Le scénario pue le symbolisme forcé. On dirait qu’on essaie de reprendre Clockwork Orange avec des bourgeois violents sans empathie, mais c’est tellement poussé que c’en est minable. On voit un type manger un ver de terre vivant pour prouver qu’il est un prédateur. Un autre rêve d’embrasser sa mère. Je ne vous révèle pas la vision du chef de la bande, mais elle est absurde à un point inégalé.

Par ailleurs, en lisant le synopsis, on s’attend à ce que le personnage incarné par Breslin ressemble à une Hit-Girl dans KickAss, mais c’est tout le contraire. En effet, malgré les douze années d’entraînement qu’elle a reçues, on dirait qu’elle vient à peine d’apprendre à se battre. Par exemple, elle étrangle ses victimes avec ses deux mains. Je ne suis pas un professionnel de l’étranglement, mais je sais que ce n’est pas une bonne méthode, surtout venant d’une fille aussi frêle.

Un film trop artsy!

Bien que la réalisation soit potable, les jeux de lumière sont trop exagérés. Dans un film plus léger, ça aurait passé, mais, dans ce cas-ci, avec un ton ultra-sérieux, c’est seulement prétentieux. Par exemple, toutes les scènes de la forêt sont éclairée par un «spot» au fond du bois. Si on croit que ça vient des phares de la voiture au début, on se rend vite compte que cette lumière est présente dans toutes les scènes.

Le film manque énormément de rythme. Comme j’ai spécifié plus haut, l’action commence alors qu’il ne reste que 30 minutes. Or, l’action est coupée par une scène extrêmement longue et tellement incohérente. En effet, elle dure presque 10 minutes et il s’agit d’une vision d’un des psychopathes. Ce qui est étrange par contre, c’est que la vision commence avant que le personnage concerné soit là, probablement pour tromper le spectateur, mais c’est totalement risible qu’on assiste à la vision d’un personnage qui n’est même pas présent!!!

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Un autre aspect qui ralentit le rythme est la présence de flashbacks. J’approuve rarement la présence de ceux-ci, mais, dans ce cas-ci, c’est pire que tout. Le réalisateur Tyler Shields (A Beer Tale) semble se dire que ça fait intelligent et symbolique de mettre des images du mentor de Veronica pendant qu’elle étrangle un des meurtriers alors que ça ne sert à rien. À force de trop en faire, on a droit à un film extrêmement lent et chiant.

Fin, enfin!

Je peux facilement dire que Final Girl est un des pires films que j’ai vu en 2015. Même, si au niveau technique, l’image et le son sont bons, le scénario, le jeu d’acteur, le symbolisme forcé, l’éclairage, les dialogues pitoyables et un concept intéressant complètement gâché font de ce film une oeuvre complètement raté. Je retiens les noms des artisans pour éviter de retomber sur leurs prochaines oeuvres.

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Pat ne fait que parler de films d'horreur avec ses amis. Sentant que ceux-ci commençaient à en avoir plein leur c*l d'en entendre parler, il décida de joindre l'équipe d'Horreur-Web en 2015 pour laisser libre cour à sa passion. Lorsqu'il n'est pas en train de visionner, de critiquer ou de débattre de cinéma, Pat passe son temps à faire son douchebag en pratiquant le crossfit.

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