Critique – The Forest (2016)

the-forest-2016-poster

RÉALISATION: Jason Zada
SCÉNARIO: Nick Antosca, Sarah Cornwell et Ben Ketai

AVEC:Nathalie Dormer, Eoin Macken, Stephanie Vogt, Osamu Tanpopo et Ibuki Kaneda

Ceux qui me connaissent ou qui ont déjà lu certaines de mes critiques savent que je suis facilement effrayé. Ceci peut sembler bizarre pour un amateur de films d’horreur, mais, grâce à cet aspect, j’ai toujours l’impression de monter dans un manège chaque fois que j’en écoute un qui soit efficace. Néanmoins, il n’y en a qu’un seul qui m’a foutu la chienne à un point encore jamais égalé. Il s’agit de la version américaine de The Grudge. Je pourrais vous donner mille raisons pour lesquelles ce film est l’essence même de ce qui me fait peur dans la vie, mais je perdrais la majorité de mes lecteurs. Sachez cependant que, si j’y pense trop, j’en ai des sueurs froides. Aussi, celui ou celle qui osera imiter phonétiquement la fille au cou cassé s’expose à des cris aigus de ma part et des coups de poings dans le visage. Quand j’ai vu la bande-annonce de The Forest, deux choses me sont venues à l’esprit. La première était «meh» (faut avouer que le trailer est pas génial). La deuxième, cependant, était «Un film de fantômes avec des Américains au Japon? Aurais-je enfin trouver une nouvelle version de The Grudge?». Finalement, j’en aurais dû rester au «meh».

Sara et Jess (Nathalie Dormer) sont des sœurs jumelles. Lorsqu’une chose grave arrive à l’une, l’autre le sent. Alors que Jess ne répond plus aux appels de Sara, cette dernière se rend au Japon pour la retrouver. Or, le dernier endroit où elle aurait été aperçue serait la forêt Aokigahara qui est réputée pour son nombre de gens qui s’y rendent pour se suicider. À l’aide d’un journaliste australien, Aiden (Taylor Kinney), Sara fera tout pour retrouver sa sœur dans cet endroit infernal qui induirait des visions poussant les malheureux à se commettre la mort.

Y’en a qui se rappellent de ce qu’ils ont mangé la veille. Y’en a d’autres qui se rappellent de la date d’anniversaire de leur chien. Moi, je me rappelle du premier film d’horreur qui est sorti l’année dernière au cinéma au Québec (mes priorités sont à la bonne place). C’était le deuxième volet de The Woman in Black. Il y a deux similitudes entre ce film et The Forest (vous verrez que le chiffre deux est à l’honneur dans cette critique). La première concerne la fin dont je ne discuterai pas puisque je me ferai accuser de divulgachage (spoiler). La deuxième concerne les jump scares… Y en a en tabarouette et y en a aucun qui mérite d’être là.

9192-3316387

Quand est-ce que les cinéastes comprendront que de faire sursauter le spectateur grâce à un itinérant qui s’étampe la face dans une fenêtre de taxi, ça ne sert à rien? QUAND? Que d’installer une superbe ambiance effrayante à souhait peut être gâchée par une vieille femme aveugle qui fait «Bougabouh!»? Ce qui est désolant, dans tout ça, c’est qu’on ça que le réalisateur Jason Zada a du talent pour créer une atmosphère angoissante et, deux fois plutôt qu’une, on se laisse embarquer dans des scènes remplies de tension. Or, son delivery est décevant à chaque fois. Il utilise tous les clichés du genre pour tenter de terroriser le spectateur avec des sursauts minables.

Dans un autre ordre d’idées, les scénaristes tentent de confondre le spectateur sur ce qui est réel ou pas. La forêt est une énorme trappe qui pousserait ceux qui y entrent à se suicider et il est difficile de différencier une vision de la réalité. Or, c’est beaucoup trop évident. À part un moment où un des personnages prend une décision qui ne colle pas du tout avec la personnalité qui lui a été donné, jamais on n’entretient de doutes.

Le scénario manque cruellement d’originalités, pigeant dans divers oeuvres déjà existantes. Il y a même un passage avec un jouet rendu populaire dans le monde horrifique grâce à Insidious qui n’avait pas lieu d’être. Le seul moment où on sent que le film ira dans une autre direction, on a droit à une écolière qui se transforme en monstre dans une caverne qui, selon ce qui est dit au plus tôt, mène dans un autre monde. Et qu’est-ce qu’on en fait? Rien. Absolument rien! On oublie cette idée aussi rapidement qu’on peut.

jpeg-dormer-bar-640

On peut néanmoins féliciter le travail de Taylor Kinney (Zero Dark Thirty) dans le rôle d’Aiden. Alors qu’il veut aider une Sara un peu folle, on sent toute l’exaspération à travers une patience hors normes. Pour ce qui est de Natjalie Dormer (Rush), j’ai du mal à me décider. J’ai l’impression que son personnage n’est tellement pas clair qu’elle a eu du mal à comprendre comment le jouer. Avec ce qu’elle avait, elle s’est débrouillée comme elle pouvait.

Est-ce que j’ai détesté The Forest? Non. Est-ce je vais réécouter The Forest? J’en doute fort. C’est un divertissement tout bête qui ne mérite pas qu’on s’y attarde trop longtemps. Au moins, ça fait quelque chose à voir pour le début de l’année 2016. Avec les merveilles que nous avons eues l’année dernière, il serait temps que les cinéastes cessent de nous donner du réchauffé.

note3

bandeannoncet2

————————————————————————————————————————————–


————————————————————————————————————————————–

The following two tabs change content below.
Pat ne fait que parler de films d'horreur avec ses amis. Sentant que ceux-ci commençaient à en avoir plein leur c*l d'en entendre parler, il décida de joindre l'équipe d'Horreur-Web en 2015 pour laisser libre cour à sa passion. Lorsqu'il n'est pas en train de visionner, de critiquer ou de débattre de cinéma, Pat passe son temps à faire son douchebag en pratiquant le crossfit.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest