Critique – Goodnight Mommy (2014)

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RÉALISATION: Severin Fiala et Veronika Franz
SCÉNARIO: Severin Fiala et Veronika Franz
AVEC: Susanne Wuest, Lukas Schwarz, Elias Schwarz, Hans Escher et Elfriede Schatz

Je me ferai peut-être quelques ennemis en écrivant ce paragraphe, mais j’ai du mal à comprendre l’intérêt qu’on porte à certains films étrangers. Quelques-uns sont encensés par la critique alors que, à mon avis, ils n’offrent pas nécessairement d’innovation dans le domaine. Par exemple, Let the Right One In de Suède et le plus récent Cub de Belgique ont eu tous les deux de très bonnes notes de la part de nombreux médias. Avant de me lancer des tomates, j’ai adoré les deux films, mais est-ce que Let the Right One In mérite vraiment sa place dans un top 5 des meilleurs films d’horreur du début du 21e siècle comme plusieurs semblent prétendre? Permettez-moi d’en douter.

Les goûts sont subjectifs, certes, mais j’ai toujours l’impression qu’un film qui provient d’ailleurs que l’Amérique part avec une longueur d’avance chez le cœur de certains critiques de genre. Goodnight Mommy est également un film ayant été adulé par la critique et dont la bande-annonce a été qualifié comme une des plus effrayantes de tous les temps, mais ce film autrichien mérite-il vraiment qu’on s’y attarde?

Elias (Elias Schwarz) et Lukas (Lukas Schwarz) sont deux frères dont la mère (Suzanne Wuest) vient se remet d’une grave opération. En plus d’avoir le visage couvert de bandages, celle-ci adopte un comportement étrange, ignorant même totalement un des deux gamins. Vivant au milieu de nulle part, les deux jeunes protagonistes commenceront à douter que la personne qui soit revenue de l’hôpital est véritablement leur mère.

Il n’y a pas à dire, les réalisateurs et scénaristes  Severin Fiala et Veronika Franz ont un talent certain derrière la caméra, surtout pour créer un climat de malaise. Le spectateur, durant le visionnement de Goodnight Mommy, est constamment placé hors de sa zone de confort. L’image est très grise et on ne dispose que rarement de couleurs vives, ce qui accentue l’atmosphère lourde instaurée par les artisans. Certains plans, notamment ceux mettant en scène la mère, sont particulièrement inquiétants, voire dérangeants.

Goodnight Mommy

Il faut dire que le travail de Suzanne West qui incarne ce personnage est plutôt réussi. Avec ses nombreux bandages lui couvrant le visage, elle inspire la méfiance, la peur, mais surtout l’inconnu. Les deux jeunes garçons sont également compétents. Si le personnage de la mère crée un malaise au départ, les enfants sont également effrayants en particulier avec leurs masques en papier mâché. Chapeau Elias et Lukas!

Les fans de Torture Porn auront également leur compte puisque le film change de ton en fin de parcours et certaines scènes de séquestration sont difficiles à supporter. Ceux qui l’ont visionné se rappelleront probablement de celle avec la colle chaude et le cutter. Cette scène donne des frissons dans le dos et procure la même sensation que lorsqu’on voit quelqu’un se revirer un ongle dans un film. Un des personnages mange toute une volée et on ne peut que sentir de l’empathie envers celui-ci.

Or, Goodnight Mommy n’est pas dénué de défauts. Au contraire, la majeure partie du film tourne autour d’une révélation finale. Celle-ci est néanmoins prévisible dès les premières cinq minutes du film! Aussi, puisque presque l’entièreté du film se base sur ce punch, l’œuvre devient extrêmement longue et, par moments, ennuyante. À un certain moment, presque toutes les scènes sont prévisibles. Ainsi, il n’y a pas d’effet de surprise au niveau du scénario.

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Par surcroît, une des scènes n’a véritablement pas sa place dans ce film. Alors que Goodnight Mommy adopte un ton sérieux, froid et carrément dérangeant, on a droit à une scène tout droit tirée d’une comédie d’horreur. Sans en dire trop, deux membres de la Croix-Rouge entrent dans la maison pour récolter des fonds. Les personnages ne sont pas ridicules, mais ils posent toutes les actions qu’ils ne devraient pas poser. Ils pourraient clairement recevoir une amende ou même se faire arrêter à cause de ce qu’ils font et c’en est absurde. J’imagine que les artisans ont voulu mettre une scène de suspense à ce moment, mais c’est raté, car, au lieu de retenir votre respiration à ce moment, vous pousserez sans doute quelques «ben voyons donc».

Ainsi, malgré une mise en scène impeccable et une atmosphère angoissante, Goodnight Mommy ne répond pas aux attentes du spectateur. Le scénario drabe et ennuyant ne propose rien de nouveau et, ce, surtout à cause du twist final extrêmement prévisible. L’ambiance malsaine est surtout efficace grâce au mystère entourant les personnages, mais, une fois que tout est dévoilé, cette ambiance part en fumée et on attend que ça finisse. Or, autant les acteurs que les réalisateurs font un boulot respectable et ce serait une erreur de les bouder pour ça. Il suffit simplement de leur donner un meilleur scénario.

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Pat ne fait que parler de films d'horreur avec ses amis. Sentant que ceux-ci commençaient à en avoir plein leur c*l d'en entendre parler, il décida de joindre l'équipe d'Horreur-Web en 2015 pour laisser libre cour à sa passion. Lorsqu'il n'est pas en train de visionner, de critiquer ou de débattre de cinéma, Pat passe son temps à faire son douchebag en pratiquant le crossfit.

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