Critique – The Green Inferno (2013)

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RÉALISATION: Eli Roth
SCÉNARIO: Eli Roth et Guillermo Amoedo
AVEC: Lorenza Izzo, Ariel Levy, Daryl Sabara, Kirby Bliss Blanton et Richard Burgi

*Cette critique a été écrite dans le cadre du festival Fantasia 2014.

Sept longues années! C’est le temps qu’il aura fallu patienter pour voir une nouvelle réalisation d’Eli Roth après son chef-d’oeuvre Hostel Part 2 (vous avez bien lu). Si Roth était considéré comme le sauveur du genre au début de sa carrière, les choses ont beaucoup changé depuis. La relève n’a jamais été aussi prolifique  et l’époque à laquelle Roth était le roi de l’horreur est terminée. C’est donc avec beaucoup à prouver que le cinéaste nous présente The Green Inferno, son hommage aux films de cannibales italiens des années 70 et 80.

Un petit groupe d’étudiants universitaires activistes se rend en Amazonie pour empêcher une grosse multinationale de saccager la forêt illégalement. La tâche est risquée, mais les étudiants réussissent un coup d’éclat en retransmettant leurs actions sur Internet.  Célébrant leur victoire au bord de l’avion, le moteur de l’engin explose. L’avion s’écrase en pleine jungle, laissant ceux qui ont survécu à l’impact au beau milieu de nulle part. Entre en jeu une tribu de cannibales qui n’ont rien à cirer des intentions louables du groupe et comptent bien faire des étudiants leurs provisions de viande fraîche…

Je ne tournerai pas autour du pot. Les 45 premières minutes de The Green Inferno sont excellentes! Roth et son coscénariste Guillermo Amoedo prennent bien leur temps de présenter les personnages et de mettre l’emphase sur leur quête. L’héroïne jouée par Lorenza Izzo est charismatique et on se soucie rapidement de son sort. Le suspense lorsque les étudiants protestent contre les travailleurs qui détruisent la forêt est à son comble, tandis que la scène de l’écrasement de l’avion est spectaculairement jouissive. Puis, les cannibales se pointent le bout du nez et le film emprunte la structure connue du film de cannibales italien popularisé par les Cannibal Holocaust, Cannibal Ferox, Eaten Alive et Man From Deep River. Bref,  la table est mise pour que Roth se réapproprie son trône. Comment ne pas être excité ?

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Si Eli Roth a toujours flirté avec l’humour juvénile dans ses oeuvres, jamais cela n’aura été aussi rebutant que dans The Green Inferno. Il y a une scène en particulier, la scène de la viande fumée, qui marque au fer rouge la descente drastique de la qualité de l’oeuvre. D’un rival potentiel à Cannibal Holocaust, The Green Inferno dévoile sa vraie personalité: celle d’un adolescent de 14 ans au surplus de stimuli. Si Roth avait réussi à allier humour noir et horreur à la perfection avec Hostel Part 2 , c’est beaucoup plus ardu dans son quatrième long métrage.

Et c’est là le gros problème de The Green Inferno: l’humour et l’horreur se mélangent aussi bien que l’eau et l’huile! Ce n’est pas que les blagues soient mauvaises, la majorité est drôle, c’est qu’elles sont dans le mauvais film! L’humour se concentre sur le caca, les parties génitales, la masturbation, les flatulences et la marijuana. Ça détonne drastiquement du ton horrifique de l’oeuvre et cela aurait plus sa place dans un film de la série Cheech & Chong! Aussi efficaces soient les scènes horrifiques, il est difficile de les prendre au sérieux lorsqu’elle suivent une scène de diarrhée agrémentée de bruits de flatulence à n’en plus finir…

Aussi, The Green Inferno a beau être très gore, le film est néanmoins assez prudent dans ce qu’il montre à l’écran.  Il n’y a pas de doute, le grand public va en prendre plein la gueule!! Le gore est bien fait et très inventif (bien que je me serais passé des fourmis en CGI). L’écrasement de l’avion vaut le coup à lui seul et la première victime à tomber sous l’emprise des cannibales y goutte pas à peu près!!  Mais le public initié, et surtout, friand du genre ne retrouvera rien dans The Green Inferno qu’il n’a pas déjà vu mieux exécuté ailleurs! Et surtout, ce n’est vraiment pas aussi bon ou choquant que la majorité des films du cycle de cannibales italiens. Vous n’avez qu’à le regarder en programme double avec les cannons du genre pour en avoir la preuve.

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Une fois la poussière retombée, The Green Inferno demeure un divertissement honnête. C’est plaisant de voir un sous-genre qu’on croyait mort refaire surface avec un tel envergure. Dommage que l’humour immature vienne entacher ce qui aurait pu être un magnifique retour aux sources!

-Dany Champagne

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Lorsqu'il ne s'occupe pas de ses trois petits monstres à la maison, Dany Champagne traite d'une autre forme de monstre sur Horreur-web.com, le site qu'il a créé en 2003. Il a une prédilection pour les slashers des années 80 et les films gothiques du studio Hammer.

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