Critique – Girlhouse (2014)

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RÉALISATION:  Trevor Matthews et Jon Knautz
SCÉNARIO:  Nick Gordon
AVEC: Ali Cobrin, Adam DiMarco, Alyson Bath, Elysia Rotaru et Slaine

Trevor Matthews et Jon Knautz n’ont peut-être pas la notoriété d’un Jason Eisener, mais voilà néanmoins deux cinéastes canadiens qui ont une filmographie fort appréciable. Après nous avoir offert Jack Brooks : Monster Slayer et The Shrine, ils récidivent avec le sympathique slasher Girlhouse.

Kylie est une étudiante qui a de la difficulté à payer pour ses cours. Elle accepte donc un emploi au Girlhouse, une maison qui accueille des pensionnaires féminines qui sont prêtes à documenter leur vie sexuelle via une cinquantaine de caméras. Pensez à une version cheap du manoir Playboy! Lorsqu’elle devient la coqueluche de Loverboy, l’utilisateur le plus actif du site, Kylie active la colère de ce dernier sans le vouloir. L’homme en question n’a jamais su gérer ses relations avec la gente féminine et entend bien se venger des pensionnaires du Girlhouse. .

Ne vous laissez pas berner par le côté XXX du scénario de Girlhouse.  Trevor Matthews et Jon Knautz  ne tombent jamais dans l’exploitation facile et se concentrent plutôt à réaliser un slasher typique au genre qui saura plaire aux amateurs de la première heure. Leur film se présente d’ailleurs comme un hybride entre The Slumber Party Massacre et Halloween : Resurrection. Comme le huitième film de la série Halloween, Girlhouse utilise le concept des webcams multiples et l’interaction des internautes pour pimenter son intrigue!

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Fidèle à son habitude, le duo change encore une fois de registre avec aisance. On avait pu assister à la versatilité de Matthews (en tant que scénariste et acteur) et Knautz (à la réalisation) alors qu’ils avaient sauté d’une comédie d’horreur avec des monstres (Jack Brooks : Monster Slayer… sérieusement, si vous ne l’avez pas vu, remédiez à la situation! Si ce n’est que pour une des meilleures performances de Robert Englund) à un film sérieux sur un culte religieux (The Shrine).Leur slasher sort rarement de sa boîte, mais les réalisateurs ont le crédit de ne pas faire dans le sur-hommage au genre.

Malgré un aspect pornographique facile à exploiter, le scénario mise surprenement sur le développement de personnage. L’héroïne, jouée par Ali Cobrin est très charismatique et remplie à merveille l’archétype de la « final girl ». Et ce, même si on ne croit pas une seconde que son personnage travaille pour ce qui est essentiellement « un site de cul »! Les autres filles de la maison ne nous apparaissent pas comme des numéros, même si elles ont les mots « futures victimes » étampés sur le front. Même le tueur, Loverboy, est bien défini puisqu’on le découvre avant que les fils se touchent!

Il s’écoule près d’une heure avant que Loverboy n’enfile son accoutrement de « tueur de film d’horreur » et jamais le temps paraît long. Mais lorsque Girlhouse se transforme en slasher, il s’assume pleinement. À débuter par le look du tueur, tout droit sorti d’un Texas Chainsaw Massacre! Les scènes de meurtres sont bien orchestrées et le suspense est efficace. À défaut de nous décoiffer l’interaction avec les webcams et les internautes amusent. On y retrouve même de légères touches humoristiques qui visent dans le mille à chaque fois. Comme cette fille qui s’est fait couper les doigts et qui est incapable de taper sur son clavier ses coordonées à un internaute qui veut l’aider (« use your nose »).

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L’envers de la médaille est que Girlhouse préconise une vision de la pornographie assez bijou chouchoune (ben oui, je cite SNL Québec!). Le genre de pornographie qui vous fait douter que le scénariste à déjà tapé le mot « porn » sur Google. Et n’allez pas penser que le mâle en moi aurait voulu voir quelque chose de plus ôsé. La dose modérée de nudité que contient le film est parfaite. Je crois simplement, que le contexte pornographique aurait pu être changé pour un autre, car dans Girlhouse, il déconcentre pour les mauvaises raisons. Car, lorsque le personnage principal exécute un strip-tease habillée et que tous les personnages mâles agissent comme s’ils étaient témoins du vidéo porno le plus wild d’Internet, il y a lieu de sourciller!!

À défaut d’être original, à défaut d’exceller d’un point de vue technique, Girlhouse divertit! C’est du gros déja vu camouflé. Et ses défauts ne le rendent pas moins bon pour autant.

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Lorsqu'il ne s'occupe pas de ses trois petits monstres à la maison, Dany Champagne traite d'une autre forme de monstre sur Horreur-web.com, le site qu'il a créé en 2003. Il a une prédilection pour les slashers des années 80 et les films gothiques du studio Hammer.

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