Critique – Le Scaphandrier (2015)

 


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: Alain Vézina
SCÉNARIO:  Alain Vézina
AVEC: Edith Côté Demers, Alexandre Landry, Raymond Bouchard, Béatrice Picard et Éric Gagné.

Le Scaphandrier est une espèce rare! Un film d’horreur Québécois d’envergure qui prend l’affiche dans les salles de cinéma! Est-ce l’oeuvre qui sortira de sa torpeur le cinéma d’horreur Québécois?

L’histoire du film nous transporte à Baie-du-Nord, là où une jeune journaliste (Edith Côté Demers) tombe sur l’histoire de sa carrière lorsque des cadavres sont découverts dans un bateau. Les victimes étaient des plongeurs engagés par un chasseur de trésors (Raymond Bouchard) pour fouiller l’épave d’un navire échoué depuis 80 ans. Il s’avère qu’un scaphandrier décédé lors de l’incident est revenu des morts pour rapatrier ce qu’on lui a volé à lui et aux autres passagers.

On me pose souvent la question: « pourquoi n’y a-t’il pas plus de film d’horreur Québécois sur nos écrans? » Eh bien, la réponse m’aura coûté 11,50$! Le Scaphandrier est un film bourré de bonnes intentions qu’on voudrait tellement aimer. Mais il manque la cible sur tous les points. Autant le scénario, le style de réalisation et la musique (calquée note pour note sur celle de I Know What You Did Last Summer) portent à croire que Le Scaphandrier est un film des années 90 qui aurait récemment été retrouvé dans le placard d’un studio. C’est bien cute, mais le genre a évolué et n’en est plus là.

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Il n’y a pas de mal à vouloir viser le premier degré et le recyclage de clichés, surtout dans un contexte de cinéma d’horreur. Mais si c’est la voie empruntée, il faut au moins avoir du fun avec le réchauffé proposé. Le Scaphandrier, c’est un hybride slasher et film de zombies qui emprunte autant  à Friday The 13th qu’à The Fog. Mais la recette est livrée machinalement et maladroitement à travers une intrigue ennuyante où toutes les informations sont données « toutes cuites dans le bec » à notre héroïne. Ce n’est jamais effrayant ou même amusant et c’est aussi subtil qu’un tracteur.

Le scénario convenu et les dialogues qui ne sonnent pas naturels auraient été facilement pardonnables si le film livrait la marchandise au  niveau de l’horreur. Malheureusement, l’horreur consiste à quelques scènes de meurtres précipitées ici et là dans lesquelles la fatalité survient toujours hors champs suivi d’un sploush de sang. Il n’y a aucune tentative de créer le moindre suspense ou à tout le moins une atmosphère festive de série B. C’est très inoffensif et influencé par un style de cinéma d’horreur révolu.

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Ce qui aurait pu démarquer Le Scaphandrier, c’est le jumelage du slasher au film de zombies. La publicité clame d’ailleurs que le film d’Alain Vézina est le premier film de zombies Québécois. Pour la majeure partie de sa durée, Le Scaphandrier peut être qualifié d’un slasher typique qui respecte les conventions du sous-genre. Le switch au film de morts-vivants survient à la fin et il est le bienvenu. Le générique apparaît alors beaucoup trop vite et on n’a d’autre choix que de de se dire: « c’etait juste ça, le premier film de zombie Québécois? ».

Il reste le p’tit couple au centre de l’intrigue, formé de la journaliste et du responsable d’un musée, qui est très sympathique et rend les procédures d’enquête plus agréables à suivre. Aussi, l’idée de placer l’intrigue dans une petite ville côtière ajoute à l’atmosphère du film.

Vous n’avez pas idée à quel point je voulais aimer Le Scaphandrier! Mais il faut se rendre à l’évidence. Si le film avait été autre que Québécois, il n’aurait jamais bénéficié d’une sortie en salles ou de la moindre visibilité. Je ne veux pas le déconseiller, car je trouve important d’encourager les rares films d’horreur de chez nous. Par contre, si vous n’êtes pas à jours dans vos visionnements horrifiques, je regarderais ailleurs. Ce n’est pas les bons films d’horreur récents qui manquent à l’appel.

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Lorsqu'il ne s'occupe pas de ses trois petits monstres à la maison, Dany Champagne traite d'une autre forme de monstre sur Horreur-web.com, le site qu'il a créé en 2003. Il a une prédilection pour les slashers des années 80 et les films gothiques du studio Hammer.

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