Critique – Starry Eyes (2014)

 

starryeyesRÉALISATION: Kevin Kolsch et Dennis Widmyer
SCÉNARIO:  Kevin Kolsch et Dennis Widmyer
AVEC: Alex Essoe, Amanda Fuller, Noah Segan, Fabianne Therese et Pat Healy

Après avoir trôné au haut des listes des meilleurs films d’horreur de 2014 chez plusieurs critiques Américains, voilà que le film indépendant Starry Eyes débarque finalement au Canada. L’attente en valait-elle la peine ?

Sarah (Alex Essoe) est une jeune actrice qui gravite dans un milieu hyper compétitif. La chance lui sourit lorsqu’elle obtient une audition pour tenir un rôle dans un film d’horreur d’envergure. Malgré une performance ordinaire lors de l’audition, le producteur lui offre le rôle en échange de faveurs pas très catholiques. Après avoir refusé, Sarah revient sur sa décision. Une fois l’entente acceptée, Sarah subit d’importants changements physiques et psychologiques. En acceptant de mettre ses principes de côté en échange d’une promesse de gloire et de popularité, l’actrice a ouvert la porte à une menace au-delà de son contrôle.

Starry Eyes est une oeuvre audacieuse et originale qui s’inspire de la mentalité Hollywoodienne d’antan et des cultes religieux pour livrer une histoire captivante. Le film de Kevin Kolsch et Dennis Widmyer ne propose rien de nouveau sous le soleil. Tout est dans la façon d’apprêter l’histoire. À la base, le scénario nous transporte dans la vie d’une jeune actrice de Los Angeles dont la faiblesse psychologique lui créer des embûches dans un univers hyper compétitif. L’ingéniosité du script est la façon d’incorporer un culte à cet univers.

maxresdefault

Le film s’inscrit dans la lignée artistique des oeuvres horrifiques indépendantes récentes qui utilisent une approche minimaliste et intimiste. La prémisse de Starry Eyes n’est pas sans rappeler celle de The House Of The Devil de Ti West, alors que les deux oeuvres proposent une protagoniste qui accepte un emploi malgré un contexte louche. Dans Starry Eyes, Sarah participe à une audition dégradante alors que ses troubles mentaux sont exploités par des producteurs sans empathie. Malgré que tous les signes portent à croire que la compagnie de production qui veut engager Sarah ait des intentions ambiguës, l’actrice est attirée dans sa spirale.

À plusieurs moments, le scénario laisse présager qu’il suivra un sentier mille fois exploré. Plusieurs des revirements ont déjà été vus, mais dans un filtre typiquement Hollywoodien, jamais avec le réalisme déployé par le duo de réalisateurs. Le film contient aussi une petite touche d’onirisme et d’abstrait qui rehausse sa qualité de visionnement. Les scènes d’audition sont d’ailleurs un parfait indicateur des prouesses des deux cinéastes.

Après avoir obtenu le rôle convoité, Sarah voit sa confiance se bâtir ce qui la pousse à régler ses comptes avec ses copines actrices. Les réalisateurs auraient facilement pu tomber dans la facilité du film de vengeance, mais empruntent plutôt une voie plus sombre et authentique. Starry Eyes contient d’ailleurs une scène de meurtre époustouflante que vous n’oublierez pas de sitôt (une future récipiendaire de la Citrouille d’Or 2015, peut-être?).

L’actrice Alex Essoe laisse ses inhibitions de côté et fonce tête première dans le rôle de Sarah. Starry Eyes étant un film de métamorphoses physique et psychologique, son personnage est appelé à changer constamment. Elle nous apparaît initialement comme un personnage timide et introverti. On pourrait presque croire que l’actrice manque de prestance, mais ce n’est qu’une tactique pour venir nous éblouir par après. Son personnage passe par toute une gamme d’émotions. Et lorsqu’on croit qu’elle ne peut plus monter son jeu d’un cran, elle nous achève lors d’une finale inspirée.

Starry-Eyes-1

L’oeuvre est supporté par une excellente trame musicale axée sur les synthétiseurs. On pense bien entendu à John Carpenter, surtout lorsque le compositeur Jonathan Snipes (Room 237) rend ouvertement hommage à Halloween lors d’un moment clé.

S’il est difficile de critiquer quoique ce soit au niveau de l’approche artistique de Starry Eyes, j’ai néanmoins trouvé que le scénario manquait un peu de subtilité. Bien qu’il soit primordial que la compagnie de production ait l’air louche du point de vue du spectateur, Kevin Kolsch et Dennis Widmyer gravitent un peu trop près de la frontière entre la vraisemblance et l’incrédulité. Même chose pour les rivalités entre les actrices qui auraient pu être amenées avec plus de nuance.

Starry Eyes n’est pas une œuvre parfaite. J’ajouterais même que ce n’est pas un film qui plaira à tous. Mais vous seriez idiot de bouder une approche originale et inventive qui n’a comme seule limitation son mince budget. Et puis, le film de Kevin Kolsch et Dennis Widmyer a la rare distinction de rester longtemps en tête après le visionnement.

 

note3

bandeannoncet2

————————————————————————————————————————————–


————————————————————————————————————————————–

The following two tabs change content below.
Lorsqu'il ne s'occupe pas de ses trois petits monstres à la maison, Dany Champagne traite d'une autre forme de monstre sur Horreur-web.com, le site qu'il a créé en 2003. Il a une prédilection pour les slashers des années 80 et les films gothiques du studio Hammer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest