Critique – Sonno Profondo (2013)


Sonno-Profondo-DVD-CoverRÉALISATION:
 Luciano Onetti
SCÉNARIO: Luciano Onetti
AVEC: Luciano Onetti, Daiana García et Silvia Duhalde

Le giallo est un sous-genre de thriller horrifique italien qui a connu ses heures de gloire dans les années 70 et 80 grâce à des cinéastes comme Dario Argento, Mario Bava et Sergio Martino pour ne nommer que ceux-là. Même si le cinéma d’horreur italien est en panne depuis plusieurs années, le giallo est plus populaire que jamais grâce aux nombreux hommages portés par des jeunes réalisateurs qui ont grandi sous son influence.

Si des cinéastes comme Peter Strickland (Berberian Sound Studio) ou le duo formé d’Hélène Catet et Bruno Forzani (Amer, L’étrange Couleur Des Larmes De Ton Corps) se sont servi du genre pour réaliser des oeuvres subversives, des cinéastes moins talentueux sont aussi attiré par l’attrait de rendre hommage aux maîtres du cinéma d’horreur italien. C’est le cas de Luciano Onetti, qui avec Sonno Profondo, offre un hommage qui confond maladroitement l’hommage et la parodie…

Sonno Profondo est présenté du point de vue de son personnage principal, un tueur ganté. Après avoir assassiné une femme, l’homme découvre une enveloppe au pied de sa porte. Le contenu de l’enveloppe l’incriminant, le tueur devient rapidement la proie de quelqu’un qui connait ses habitudes.

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Sonno Profondo est le style d’hommage qui nous vient de quelqu’un qui est du genre à ne mettre que du crémage dans sa recette de gâteau au chocolat. L’histoire est accessoire au style artistique, à un tel point qu’on finit par oublier qu’il y en a une! Comme c’était le cas avec Amer, l’oeuvre qui a parti le bal des hommages aux gialli, Sonno Profondo n’est pas tant une reproduction du genre, mais plutôt l’exploitation excessive d’une de ses facettes. Luciano Onetti, qui signe la réalisation, le scénario, le montage, la musique, la direction photo en plus d’interpréter le rôle du tueur, évoque le style visuel du genre sans toutefois se soucier du style narratif propre aux gialli de l’époque. Bref, Sonno Profondo c’est 64 minutes de zooms et des plans rapprochés sur une musique jazzée qui oublie souvent qu’elle est dans un film!

Son film n’est pas sans rappeler le récent remake de Maniac, si celui-ci n’avait aucun dialogue et avait réduit son budget du ¾! Onetti veut nous mettre dans la peau de son assassin, mais son scénario n’est qu’une excuse pour allonger des scènes sans intérêt pour la simple raison de satisfaire son besoin de faire dans « l’artsy-fartsy »! Sonno Profondo semble improvisé, mais puisque la majorité de l’œuvre se déroule dans un 4½ avec un seul personnage qu’on ne voit pas, ça devient rapidement redondant. Lorsque le réalisateur nous gratifie d’un gros plan d’une minute sur une main qui essaie de mettre une clé dans une serrure, on sait qu’on est dans le trouble!

D’emblée, l’œuvre démarre avec une prise contre lui en raison de son utilisation excessive des « scratchs » ajoutées à l’ordinateur, une mode que les émules sans budget de Grindhouse ont trainé dans la boue. Et ce n’est que la pointe de l’Iceberg au niveau visuel. Sonno Profondo a été tourné avec une caméra digitale qui a un look très… digital! Puisque le giallo est un sous-genre qui se nourrit de la chaleur que dégage la pellicule, le digital, de piètre qualité de surcroit, ça ne fonctionne pas! Surtout lorsque l’intention est de recréer le cachet visuel des années 70!

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Oneti connait définitivement le genre comme en font foi tous les clichés qu’il a recyclés comme le tueur ganté, la trame sonore jazzée, la misogynie, la sexualité et le traumatisme de jeunesse qui a engendré la folie du protagoniste. Mais ce n’est jamais authentique. C’est toujours forcé. Et comble de malheur, les scènes de meurtres semblent rendre hommage à HG Lewis plutôt qu’à Mario Bava!

Le tout se culmine par un revirement qui serait plus efficace si le réalisateur ne le traitait pas comme s’il était le premier au Monde à y avoir pensé. De plus, comme Sonno Profondo ne contient pas vraiment de dialogue, ormis les cris des victimes, le réalisateur prend un temps fou à nous illustrer son punch qui n’est pourtant pas sorcier à figurer.

Ce n’est pas chose facile que d’émuler le cinéma d’une époque passée. Luciano Onetti ne passe même pas prêt d’y parvenir! Pire, il parodie le genre auquel il désire rendre hommage. Même sa durée de 64 minutes ne le sauve pas. Tenez-vous en aux classiques!

 

 

-Dany Champagne

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-Deep Sleep (titre alternatif)

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Lorsqu'il ne s'occupe pas de ses trois petits monstres à la maison, Dany Champagne traite d'une autre forme de monstre sur Horreur-web.com, le site qu'il a créé en 2003. Il a une prédilection pour les slashers des années 80 et les films gothiques du studio Hammer.

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