Critique – Ghostbusters 1 & 2 (édition 30e anniversaire)

 

Ghostbusters I & II (BR)RÉALISATION: Ivan Reitman
SCÉNARIO: Dan Aykroid et Harold Ramis
AVEC: Bill Murray, Dan Aykroid, Harold Ramis, Sigourney Weaver et Rick Moranis

Pour célébrer le 30e anniversaire de l’une des comédies d’horreur les plus vénérées de tous les temps, Sony fait les choses en grand. Non seulement le classique réalisé par Ivan Reitman a bénéficié d’un retour en salle cet été, mais voilà qu’il a droit, avec sa suite, au traitement royal sur Blu-ray.

À moins d’avoir vécu sous une roche durant les trois dernières décennies, vous êtes probablement familiers avec le synopsis du film! Ghostbusters, c’est l’histoire de trois chercheurs universitaires qui démarrent une entreprise d’extermination de fantômes. En enquêtant les phénomènes paranormaux qui surviennent dans l’appartement d’une musicienne, la troupe se frotte à une entité qui va leur en donner pour leur argent!

Il est ironique que Ghostbusters n’ait jamais été critiqué sur Horreur-web.com puisque c’est le film qui m’a ouvert la porte du merveilleux monde du cinéma d’horreur à l’âge impressionnable de six ans ! C’est surprenant à quel point le film a bien vieilli. Évidemment, il laisse entrevoir quelques rides ici et là, mais ça fait partie de son charme. Ghostbusters est une espèce rare : un hybride réussi qui s’adresse à un public de tous les âges. Ce n’est un hasard s’il est toujours aussi populaire 30 ans après sa sortie. C’est une œuvre visionnaire qui a capté la fascination du public pour le paranormal une vingtaine d’années avant que les émissions mettant en vedette des équipes d’enquêteurs paranormal polluent les ondes.

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L’œuvre a plus d’un atout dans son sac, que ce soit son scénario comique, ses monstres sortis tout droit d’un épisode de Scooby Doo ou son côté col bleu mêlé à du charabia scientifique qui lui donne un semblant de crédibilité. Par contre, sa plus belle qualité est qu’il  réveille l’enfant qui sommeille en nous comme peu d’œuvres ont su le faire. En voyant les quatre personnages en uniforme, je comprends l’attirance qu’ont les femmes envers les pompiers. Mais surtout, je veux enfiler le costume, le proton pack et chasser des fantômes moi aussi, bon!

Malgré l’humour de bouffon à la Saturday Night Live, le film regorge de scènes d’épouvante originales. Comme la scène d’ouverture dans la bibliothèque avec les livres qui se déplacent et les cartes de classement qui volent au vent. La scène dans l’hôtel où le groupe affronte le mythique Slimer est fort réussi aussi. Et même lorsque l’histoire bifurque vers le fantastique, ça fonctionne. L’apparition du bonhomme en guimauve géant est carrément du génie!

Et puis, il y a le casting de rêve!! Un casting éclectique, c’est le moins qu’on puisse dire! Bill Murray pousse l’art du « je-m’en-foutisme » à des sommets inégalés. Harold Ramis est le geek par excellence qui rend tout le charabia crédible. Sigourney Weaver a éveillé ma sexualité à un âge beaucoup trop précoce. Et Rick Moranis joue le rôle de sa carrière!!

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Si j’avais à faire le bec fin, je dirais que le film gagnerais à être plus long. Personnellement, ce qui me fascine le plus de l’histoire est tout l’arrière-scène de ce qui est essentiellement une PME. Et c’est ce que j’aurais développé plus en profondeur. La confection des costumes, de l’équipement et de la logistique derrière la capture de fantôme.

Ghostbusters nourrit adéquatement la fascination du public pour les fantôme sans tomber dans les clichés associés au genre. C’est drôle, mais rarement au détriment du concept. C’est un gros blockbuster typique aux années 80, mais malgré tout, le scénario et la structure narrative sont très solides! En son genre, c’est pas mal la référence!

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On ne peut en dire autant de sa suite, malheureusement. Ghostbusters 2 ne dégage pas la passion qui animait les artisans dans le film original. C’est une suite qui semble avoir été écrite machinalement et sous obligation contractuelle.

Après avoir sauvé New York du Bonhomme en guimauve géant, l’équipe des chasseurs de fantôme perd son droit de travailler en raison des dégâts qu’ils ont causé à la ville. Néanmoins populaires dans la conscience des gens, ils sont engagé ici et là pour animer des fêtes d’enfants ou pour tout autre besogne dans le genre. Lorsqu’un lac d’ectoplasme sous-terrain réveille les mauvais esprits de la ville, le maire leur permet de reprendre du service. Encore une fois, la menace vient de l’entourage de Dana (Weaver), qui travaille maintenant comme restauratrice d’œuvres d’art au musée. L’un des tableau sur lequel elle travaille est possédé et a besoin du corps d’un bébé, le sien,  pour prendre vie.

Si le réalisateur Ivan Reitman et sa bande ont attrapé une éclair dans une bouteille avec le premier film, eh bien l’éclair n’a même pas pris la peine de se présenter pour Ghostbusters 2, sorti cinq ans après le film original. C’est une suite à l’intrigue forcée qui ne parvient pas à recréer l’équilibre du film original, malgré des efforts certains. L’histoire est ininspirée, le quatuor de chasseurs de fantôme est trop souvent séparé et le vilain principal est ennuyeux. Le ton et le visuel du film ont été pensé de façon à concorder plus avec la série animée qui faisait fureur à l’époque, ce qui diminue l’humour mordant qui caractérisait le premier film.

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Plusieurs personnages n’auraient jamais dû revenir dans la suite. C’est le cas de Sigourney Weaver dont l’histoire d’amour avec le personnage de Bill Murray fonctionnait en tant que flirt dans le premier opus, mais ici l’élastique a été trop étiré. Même cas pour Rick Moranis dont le personnage a été scotché maladroitement à l’intrigue. Et puis, il y a le bébé! Le bébé!! Parce que le méchant a besoin d’un bébé pour ressusciter! On est loin de l’intrigue de l’excitation causé par le bonhomme en guimauve…

Le concept de Ghostbusters se prête à une panoplie de scénarios possibles. Il est navrant que les scénaristes aient arrêté leur choix sur une histoire de peinture hanté dont la télésérie animée n’aurait même pas voulu! Ne soyons pas trop bougon… Ça demeure un film divertissant. Ce n’est jamais mauvais, mais contrairement au premier film, on cherche perpétuellement les moments classiques et on ressort bredouille.

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Le coffret Blu-ray contient des transferts 4K et quelques nouveaux bonis qu’on ne retrouvait pas dans les éditions précédentes, comme une rétrospective de 25 minutes avec Ivan Reitman et Dan Aykroid. C’est un beau petit coffret qui n’apporte pas grand chose de nouveau pour ceux qui possèdent déjà les deux films. Si ce n’est pas votre cas, déniaisez-vous et sautez sur ce monument de la comédie d’horreur!!

-Dany Champagne

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Ghostbusters:

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Ghostbusters 2:

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-S.O.S. Fantômes (version française)

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Lorsqu'il ne s'occupe pas de ses trois petits monstres à la maison, Dany Champagne traite d'une autre forme de monstre sur Horreur-web.com, le site qu'il a créé en 2003. Il a une prédilection pour les slashers des années 80 et les films gothiques du studio Hammer.

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