Critique – The Sacrament (2013)

 

the-sacramentRÉALISATION: Ti West
SCÉNARIO:  Ti West
AVEC: AJ Bowen, Joe Swanberg, Amy Seimetz, Kentucker Audley et Gene Jones

Comment ne pas saliver à l’idée d’un found footage à la sauce Ti West, ce réalisateur passé maître dans l’art de l’appréhension. Après nous avoir offert l’un des segments les plus ambigus de l’anthologie V/H/S, les attentes étaient hautes. Ajoutez à cela le nom d’Eli Roth (Hostel, The Green Inferno) comme producteur et vous avez un projet plus qu’alléchant.

Un journaliste d’un émission d’enquête est contacté par un homme inquiet de l’état de santé de sa soeur. Celle-ci est portée disparue après s’être enrôlée dans une secte. Lorsqu’il est invité à visiter l’Eden secret où habite sa soeur, l’homme propose au journaliste de l’accompagner pour documenter sa visite. Si l’endroit semble idyllique à première vue, le journaliste et son caméraman se retrouveront au centre du chaos lorsque l’intégrité de la secte sera menacée par leur présence.

C’est une oeuvre sans grand artifice que nous offre Ti West, chose à laquelle on est devenue accoutumé avec le réalisateur de The House Of The Devil et The Innkeepers. Son traitement conventionnel du style found footage  confondra ceux venu visionner une tentative de revigorer un sous-genre exploité à outrance.

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Si West s’était joliment moqué des règles du sous-genre dans son segment de l’anthologie V/H/S,  c’est l’histoire qui prime au détriment du style dans The Sacrament. Le film s’inspire du massacre de Jonestown, de la perspective de journalistes pris au centre du chaos. Sa qualité principale est que le scénario ne tombe jamais dans le sensationnalisme ou le mélodrame lourd. C’est un portrait froid et réaliste de la vie dans une communauté recluse. Fidèle à son habitude, West laisse languir le spectateur quant à ses réelles ambitions. Son oeuvre prend bien son temps pour bâtir l’horreur de sa prémisse, allant même jusqu’à convaincre les héros et les spectateurs des bienfaits possibles de la fameuse secte. Il y a une excellente scène dans laquelle le journaliste, joué par AJ Bowen, s’avoue presque conquis par l’endroit.

Puis, lorsque nous sommes bien ancrés dans le quotidien de cette communauté, le réalisateur change l’ambiance en un subtil claquement de doigt. On reconnait là le Ti West des beaux jours! Son scénario n’a rien de révolutionnaire et comporte plus d’une lacunes, mais ce qu’il faut donner à West est que malté la simplicité de la chose, il demeure imprévisible et au devant des clichés usuels. Les sectes religieuses et les suicides collectifs ont été maintes fois exploités dans le cinéma d’horreur et il faut donner crédit à West qui nous tire le tapis de sous les pieds à plus d’une reprises sans jamais interférer avec le réalisme de son histoire.

Le troisième acte laisse place à un bon suspense, mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’emphase n’est pas mise sur la survie des personnages principaux. C’est réellement le destin des membres de la secte et l’absurdité derrière la prise de panique du manitou qui meublent la finale. D’ailleurs, Gene Jones n’est pas mauvais du tout dans le rôle de « Father », le chef de la secte. Il est joint par le trio infernal qu’on pouvait voir dans A Horrible Way To Die et You’re Next d’Adam Wingard, soit AJ Bowen, Joe Swanberg et Amy Seimetz. Une sapré belle distribution!

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Malgré tout l’enthousiasme qu’on peut porter à l’oeuvre, The Sacrament reste assez anodin. C’est un found footage agréable à regarder, mais qui est bien loin de vous jeter sur le derrière. Il manque définitivement d’impact à l’histoire en fin de parcours. Si on apprécie le souci de réalisme de la part de Ti West, quelques coups en pleine gueule n’auraient pas fait de tort non plus. On sent que le projet a été préparé en vitesse et le scénario aurait définitivement gagné à être mieux développé.

Il est aussi décevant que West, qui est un des cinéastes les plus intéressants de la nouvelle génération, ait emprunté une démarche des plus conventionnelles à un sous genre à bout de souffle. Oubliez la narration trouée de V/H/S, The Sacrament gambade dans les sentiers battus. West tombe aussi dans le panneau en fin de parcours offrant plusieurs plans contradictoires et un surplus d’angles de caméra possibles.

The Sacrament est définitivement une addition de choix à une filmographie des plus intéressante. Dommage qu’on ne ressorte pas du visionnement avec autant de frissons sur les bras qu’on ne le voudrait…

 

-Dany Champagne

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Lorsqu'il ne s'occupe pas de ses trois petits monstres à la maison, Dany Champagne traite d'une autre forme de monstre sur Horreur-web.com, le site qu'il a créé en 2003. Il a une prédilection pour les slashers des années 80 et les films gothiques du studio Hammer.

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