Critique – Septic Man (2013)

 


Septic-ManRÉALISATION:
 Jesse Thomas Cook
SCÉNARIO: Tony Burgess
AVEC: Jason David Brown, Molly Dunsworth, Robert Maillet, Julian Richings et Stephen McHattie

La première scène de Septic Man nous montre une jeune femme prisonnière d’une salle de bain aux murs couverts de merde et de vomi. Elle cri et pleure. Elle dégueule, défèque et redégueule! De la torture porn scatologique ? Il semblerait qu’on en soit rendu-là!

Une petite ville canadienne est au prise avec un problème de contamination de l’eau potable. À bout de ressources, le maire décrète l’évacuation de la ville. Jack,  qui travaille pour une compagnie de réparation de fausse septique, se fait interpeller par un étranger. Celui-ci lui offre une grosse somme d’argent pour rester dans la ville et tenter de trouver la provenance de la contamination à même les égouts. Le jeune travailleur laisse donc partir sa copine enceinte et accepte l’argent avec la ferme intention de devenir le héros de la ville. Ses recherches le mènent dans une ancienne canalisation dans laquelle il restera enfermé accidentellement. Seul dans un système d’égout décrépi et infeste, la santé physique et mentale du jeune homme se détériorera à vue d’œil.

La première scène de Septic Man n’est pas représentative du reste de l’œuvre. Bien que 90% de son action se situe dans des égouts remplis de merde, le film du réalisateur Jesse Thomas Cook (Monster Brawl) est plus songé et sérieux qu’il ne le laisse initialement paraître. C’est plutôt à un croisement entre Session 9 et The Fly que nous convie le cinéaste canadien. Malgré des effets de maquillage qui sont à l’avant plan, Septic Man se veut un drame d’horreur psychologique qui exploite la folie grandissante d’un personnage pris dans un huit-clos.

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Malgré toutes les bonnes intentions de Cook et de son scénariste Tony Burgess (l’excellent Pontypool), il y a plusieurs éléments qui ne jouent pas en la faveur de Septic Man. Premièrement, l’introduction à l’histoire est très cahoteuse. La façon dont le personnage est interpellé par un inconnu pour accomplir sa mission vient trop de nulle part. La ville complète est évacuée et un étranger demande à un seul col bleu de trouver une solution à un problème sur lequel les autorités se sont penché sans succès depuis plusieurs jours. L’étranger en question apparaît de nulle part comme le faisait le personnage de Deep Throat dans The X-Files. C’est volontairement ambigu, mais la tactique distrait plutôt que d‘instaurer le suspense voulu. Une simple demande patronale aurait suffi à instaurer la crédibilité désirée.

Ajoutez à cela que je ne confierais même pas au personnage principal le travail de laver mon bol de toilette! Le gars s’aventure volontairement sans masque ou gants dans des tunnels de canalisation abandonné depuis des décennies. Il n’y a donc rien de surprenant lorsqu’il s’enferme à l’intérieur d’un tunnel au bout de 30 secondes d’exploration et tombe face première dans de l’eau contaminée! Monsieur le maire : engagez de meilleurs cols bleu et vous ne serez peut-être pas obligé d’évacuer votre ville… Ce n’est qu’une suggestion!

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Il faut se questionner sur l’efficacité du genre exploité. Avec ses tunnels sombres, ses effets de maquillage franchement répugnant et sa propension à faire trainer son personnage principal dans l’écrapou, Septic Man aurait été beaucoup plus efficace en slasher ou en série B assumée dans la veine d’un The Incredible Melting Man. Cook tente de jouer avec l’état d’esprit de son personnage principal, mais il n’y a pas beaucoup de nuance.

Votre opinion de Septic Man dépendra beaucoup de votre désir de suivre un personnage dans des égouts crasseux devenir fou et lépreux à la fois… Le concept n’est pas mauvais, mais le désir de dégoûter visuellement dans un film d’horreur qui se veut psychologique ressort comme une gimmick!

-Dany Champagne

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Lorsqu'il ne s'occupe pas de ses trois petits monstres à la maison, Dany Champagne traite d'une autre forme de monstre sur Horreur-web.com, le site qu'il a créé en 2003. Il a une prédilection pour les slashers des années 80 et les films gothiques du studio Hammer.

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