Critique – Red Sands (2009)

RED SANDS

2009

RÉALISATION:Alex Turner SCÉNARIO:Simon Barrett AVEC: Shane West, Leonard Roberts, Brandon Miller, Mercedes Masöhn et J.K. Simmons

Le titre Red Sands est assez ironique, car plus le film avance, plus il s’enfonce dans des sables mouvants.

Une petite équipe de militaires postée en Afghanistan reçoit comme mission de surveiller une route. En chemin, leur camion se fait attaquer et ils se retrouvent, à leur insu, sur une autre route et érigent le camp dans une vieille maison abandonnée. Le lendemain, une tempête de sable fait rage et une mystérieuse femme en sort et demande refuge. Les soldats la prennent donc en otage, la croyant être une espionne pour les terroristes. Mais un à un, les hommes perdront la raison et la vie.

Red Sands devrait servir d’exemple pour le réalisateur Alex Turner et le scénariste Simon Barrett. Le premier devrait voir qu’il a du talent, mais qu’il devrait mieux l’exploiter. Le deuxième devrait réaliser que l’écriture n’est peut-être pas son fort. Dès le départ, le film commence très bien. Après cinq minutes, une bombe explose près du camion de nos héros et à tour de rôle, ils sont présentés. C’est alors que la scène coupe sur un plan de chaque personnage, avec son nom et son grade, le tout sur une musique qui fait penser à du Beastie Boys. Le tout ne dure qu’une minute mais ça sent l’hommage aux années 70 et 80 dans la présentation. Mais dix minutes plus tard, la qualité du film commence à diminuer jusqu’à endormir le spectateur. Bizarrement, Red Sands est quand même bien réalisé, ce n’est pas un chef d’œuvre technique, mais tout de même. À certains moments, des scènes sortent définitivement du lot. Alex Turner semble adorer filmer certains plans de façon poétiques et artistiques. La plupart du temps, c’est un peu trop forcé et tient du film d’étudiants pompeux, mais d’autres fois, il réussit particulièrement son coup.

Le problème tient plus dans le scénario et le montage. Le film prend trop de temps avant de commencer vraiment le vif du sujet et de tuer ses personnages. Durant les premières cinquante minutes, ce n’est qu’un drame psychologique, alors que le long métrage semble nous promettre un film de monstre. On découvre alors que la plupart des soldats ont des choses à se faire reprocher, le mystère entourant la femme s’étire très longuement et pas grand-chose ne se passe. D’ailleurs, les personnages sont très mal développés. Il y en a trop et le scénario de Simon Barrett n’accorde pas assez de place à chacun d’entre eux individuellement. Ce qui fait que jusqu’à la fin, non seulement on a de la misère à discerner les personnages, mais on se fou carrément de ce qui peut leur arriver.

Quand finalement, le tout commence, on nous cache la boucherie et le sang. La plupart des meurtres se passent hors caméra ou bien on saute en avant dans le temps pour découvrir que d’autres sont morts. Les deux ou trois seuls meurtres que l’on voit sont extrêmement décevants et ne comblent pas l’amateur d’horreur en nous.

Mais la cerise sur le sundae, c’est le monstre. Non seulement on nous fait patienter jusqu’à cinq minutes avant la fin pour nous le montrer, mais les effets spéciaux utilisés sont les pires que j’ai vus de ma vie. Même le Sci-Fi Channel, reconnu pour ses effets numériques à chier cracherait là-dessus. De plus, alors que le film commence avec une description sommaire de ce qu’est un Djinn (le monstre du film), le tout n’est pas du tout exploité plus tard dans et nous laisse sur notre faim à propos de ce monstre mythique.

Red Sands est un projet qui me désole grandement. C’est un film très ennuyeux qui n’offre pas grande chose de neuf malgré l’apparente qualité de certains de ses aspects. C’est un film Big-Mac : vite consommé et encore plus vite digéré.

-Dominic Paulhus

note3

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Dominic Paulhus

Professionnalisme, assiduité, rigueur, tous des adjectifs qui ne décrivent pas du tout Dominic Paulhus, cet amateur d'humour gras sale et de films d'horreur "over the top". Collaborateur depuis 2005, il a écrit une pléiade de critiques douteuse et s'occupe surtout de son bébé, Le Dernier Podcast sur La Gauche.

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