NETHERBEAST INCORPORATED

2007

RÉALISATION: Dean Matthew Ronalds
SCÉNARIO:Bruce Dellis
AVEC: Darrel Hammond, Dave Foley, Steve Burns, Jason Mewes et Amy Davidson

Netherbeast Incorporated fut d’abord The Netherbeast of Berm-Tech Industries Inc. , un court métrage ayant fait beaucoup d’éclat dans les festivals. Les frères Ronalds ont donc décidé de transformer leur court métrage en long métrage. Est-ce que ça été une sage décision? Humm pas tellement.

La paisible vie au sein de la compagnie Berth-Tech Industries vient de basculer. Leur président est victime d’une perte de mémoire et se met à voir des vampires partout en ses employés. Le problème, c’est que tout le monde est un vampire, y compris le président. Ce dernier se met à engager des humains parmis son personnel, ce qui entrainera de graves conséquences pour la survie de leur secret et de leur espèce.

Le film débute avec une introduction durant laquelle Otto se rend au bureau de son patron. Arriver à l’intérieur, il s’assoie, se fait donner l’ordre de refaire un projet spécial et doit se débarrasser du cadavre de son collègue, assis juste à côté, avec un pieu dans le cœur, gracieuseté du patron qui est persuadé qu’il était un vampire. En fait, l’introduction est un remake du court métrage. Cette intro est extrêmement hilarante et décapante, le problème c’est qu’après, le film perd de sa magie.

Il y a un adage que j’adore particulièrement : « Si ce n’est pas brisé, ne le répare pas ». Cette pensée se transpose parfaitement dans le monde du cinéma pour les remakes et les adaptations de courts métrages en longs métrages. Netherbeast Incorporated, par exemple, fut d’abord un court métrage, mais fut réimaginé pour en faire un film d’une heure trente. Parfois, ce procédé donne droit à de petits bijoux, comme le film d’animation 9. Mais d’autres fois, la magie d’un court métrage se métamorphose mal. L’onguent d’un petit pot ne devient pas nécessairement meilleur dans un grand contenant ou si vous préférez, si tu fais jouir ta femme avec ton petit pénis, pas besoin de te le faire rallonger de 15 pouces. En tout, c’est ce que ma blonde me dit!

Le ton humoristique du début s’éparpille durant le reste du long métrage. Un peu comme mettre de l’eau dans son vin. De plus, Netherbeast Incorporated contient une mythologie beaucoup trop importante pour son bien. Durant la première moitié du film, le rythme se fait constamment couper par des scènes explicatives sur les pouvoirs, faiblesses et particularités des vampires. C’est bien pensé et ingénieux, mais ça vient nous sortir du film sans arrêt.

Lors d’un épisode de la télésérie Curb Your Enthusiasm, Larry David rencontre une gardienne qui a passé vingt ans de sa vie à entendre la même chanson dans un parc d’attraction pour enfants, au point où elle vire folle chaque fois qu’elle entend ladite chanson. Après avoir écouté Netherbeast Incorporated, je comprends mieux sa douleur. Durant une heure trente, on nous passe en boucle les trois mêmes mélodies, sans cesse. Il y a la musique comique, la musique dramatique et la musique bouche trou. La première occupe d’ailleurs la majorité du film. Je n’ai jamais compris cette manie des réalisateurs à toujours mettre de la musique. On peut très bien vivre avec des scènes ou les seuls sons sont les voix des acteurs. Surtout lorsque tu ne possèdes que trois pièces dans ta trame sonore!

Mais il n’y a pas que le rythme du film qui zigzag, il y a le talent des acteurs. Alors que la majorité est correcte ou décevante ( Jason Mewes n’est décidément qu’à son meilleur lorsqu’il gravite autour de Kevin Smith ), il y a deux acteurs qui se démarquent. Darrel Hammonds, dans le rôle du président de compagnie est simplement succulent. Il maitrise parfaitement sa voix pour en faire un son mélodieux et a une présence incroyable. À l’autre bout du spectre, il y a Judd Nelson. Oui! M. Breakfast Club en personne. Sa performance durant le film est correcte, sans plus. Mais elle vient redéfinir le terme minable vers la fin avec la personnification du changement de son personnage.

Netherbeast Incorporated! L’apologie de la bonne idée réussie qui aurait dû rester intouchée.

  • Dominic Paulhus

  • Shaun of the Dead (2004)
    Fido (2006)

     

     
     


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