MUTANTS

2008

RÉALISATION:Amir Valinia
SCÉNARIO: Jodie Jones
AVEC: Michael Ironside, Steven Bauer, Louis Herthum, Tony Senzamici, Sharon Landry

À la fin de l'année 2009, malgré mon vaccin, je n'ai pas été épargné par la très médiatisée grippe A H1N1 qui m'a fait suer comme un porc (sa première appellation venait sûrement de ce fait) et m'a cloué au lit pendant plusieurs jours. Une fois rétabli, comme il ne restait que quelques jours avant le Nouvel An, je me suis dit qu'il ne pouvait rien m'arriver de pire en 2009. Quelle erreur! Je devais faire la critique de Mutants, un film d'Amir Valinia (Carnivorous, Dream House) qui était encore plus mauvais que ce à quoi la bande-annonce laissait présager: tout simplement le film d'horreur le plus exécrable de l'année. Le réalisateur ne devait pas savoir le titre qu'aurait son film pendant sa production, sinon il aurait eu la décence d'y inclure quelques mutants!!!

Et bien oui, vous avez bien lu, un film de mutants sans mutants (sauf si, pour vous, quelques pustules et une plaie sont des mutations): je croyais faire une rechute tellement j'avais la nausée, le cerveau en bouilli et un début de diarrhée.

Ne se transforme pas en mutant qui veut, alors la scénariste, Jodie Jones, pour remédier au problème et, surtout, pour ne pas copier ses prédécesseurs en utilisant des produits chimiques, armes bactériologiques et toutes autres expériences militaires, nous a concocté le synopsis ridicule que je vous résume à l'instant. Just Rite Sugar Company essaie de développer un additif pour leur sucre qui créerait une dépendance plus forte que celle de la caféine et de la cocaïne réunies (ils ont du réussir car on est plusieurs à être complètement accro au sucre!). Pour ce faire, la compagnie a engagé un scientifique russe, le Dr Petrov (Armando Leduc, pitoyable dans le rôle du mad scientist avec un accent complètement ringard), qui teste ses produits sur des junkies et des sans-abri kidnappés par le chef de la sécurité, Sykes (Tony Senzamici, vide et sans relief), et ses hommes. Mais la recette n'est toujours pas au point. Les cobayes se transforment rapidement: plaies, bubons et rage meurtrière (ma grand-mère a toujours dit que trop de sucre ça donnait des boutons et ça rendait agressif!). Le jour où son frère se fait enlever par la troupe de Sykes, Erin (la très peu crédible Sharon Landry), l'assistante du président de la compagnie Just Rite, fera tout ce qui est en son pouvoir, avec l'aide de son père alcoolique (Louis Herthum, sosie de Clint Eastwood), pour sauver son frère et stopper les plans machiavéliques de la compagnie. Il y a aussi le lieutenant Gauge (Michael Ironside, mal dirigé et mal utilisé dans un rôle sans substance) et sa bande de mercenaires qui sont en route pour éliminer les pseudos-mutants (qui n'offrent pas vraiment de résistance) et les hommes de Sykes.

En lisant ces quelques lignes, vous pourriez croire, à tort, qu'il s'agit d'une comédie d'horreur. Pourtant, à partir de cette idée de base peu crédible, Amir Valinia essaie de faire un film sérieux. Dès le départ, le cinéaste voudrait nous faire sentir un sentiment d'urgence, nous montrer que l'heure est grave, mais à la place de nous le démontrer en images, ce qui aurait été beaucoup plus efficace; il a choisi la voie la plus ennuyante qui soit: le bavardage. À part les soi-disant mutants, les trop nombreux personnages ne font qu'être loquaces: des gros plans sur des gens qui parlent, des vidéo-conférences, des réunions... Mais l'action dont on nous parle, elle, n'est pas au rendez-vous! Alors pour ajouter un peu d'intensité à tout ce flots de paroles inutiles, on nous envoie ici et là une trame sonore de suspense complètement exagérée qui ne cadre jamais avec les scènes auxquelles elle est mixée. La photographie de Barry Strickland est plus souvent qu'autrement verdâtre; ce qui donne encore plus le goût de gerber en visionnant ce film au scénario et à la réalisation bâclés: chaque scène semble avoir été tournée par un réalisateur différent (même si ce n'est pas le cas). Le résultat est tellement navrant qu'on dirait que personne sur le plateau et du côté de la production n'était au courant de ce qu'il faisait dans ce film.

Je ne peux pas, non plus, passer sous silence les piètres maquillages et les effets spéciaux. Ce n'est pas parce qu'on maquille un comédien avec un peu de sang, trois-quatre pustules au visage et une plaie sur les bras que nous sommes en présence d'un mutant! Sinon, un adolescent sur deux serait un mutant. Si le responsable du casting avait engagé des ados souffrant d'un problème d'acné sévère, cela aurait coûté bien moins cher et aurait fait beaucoup plus peur. Le seul véritable mutant du film se présente sous la forme d'une masse humanoïde sombre dans le fond d'une cellule sombre créer à l'aide d'effets CGI sombres. Et de grâce! quand vous êtes incapables de reproduire une explosion crédible par ajout numérique sur l'image, faites exploser une maquette ou ne faites que suggérer la-dite explosion. Dernier conseil aux producteurs: tant qu'à payer Michael Ironside pour un sous-rôle de 15 minutes, aussi bien mettre un pantin et mettre plus d'argent sur les effets-spéciaux.

Attendez avant de sauter de joie: Mutants n'est pas le genre de film-tellement-mauvais-qu'on-se-bidonne-en-le-regardant. Il s'agit seulement d'un long-métrage extrêmement mauvais. C'est tout. De plus, North American Motion Pictures, avec sa pochette DVD, vient de ravir le titre à Lionsgate en ce qui a trait aux images les plus trompeuses en couverture de DVD: le monstre sur la photo n'apparaît pas du tout dans le film, il s'agit d'un personnage du film Alien Invasion Arizona.

  • Dominic Gagné

  • 28 Days Later (2002)
    Nightmare City (1980)

     

     
     


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