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THE MIST2007
RÉALISATION: Frank Darabont Après qu’un énorme orage se soit abattu dans sa région, Stephen King se rend au supermarché avec son fils. Alors qu’il attend en ligne pour payer, il s’imagine un monstre foncer sur la vitre frontale du magasin. C’est ainsi qu’en revenant à la maison, King avait déjà une partie de l’histoire de The Mist d'écrite dans sa tête. Ainsi, après avoir adapté au cinéma The Shawshank Redemption et The Green Mile, Frank Darabont s’attaque à ce projet, lui qui détient les droits depuis 1995. Lorsqu’un énorme orage s’abat sur une petite ville de l’état du Maine, un mur de brume s’y approche mystérieusement. David Drayton et son fils se rendent donc en ville pour acheter des provisions, mais ils se retrouvent prisonnier du supermarché car la brume, contenant des monstres, a envahie la ville. Les villageois devront donc tenter de survivre tous ensemble autant aux monstres qu’à Madame Carmody, une fanatique religieuse qui rassemble une véritable armée parmi les villageois. Avec The Mist, Frank Darabont réussit l’impossible: transformer une des meilleures nouvelles de Stephen King en l’un des meilleurs films d’horreur des dernières années. La particularité de The Mist est que, non seulement c’est un excellent film de monstres, mais c’est aussi une étude sociologique pertinente. On regarde évoluer un groupe d’humains pris au piège dans un établissement alors qu’il n’y a plus d’espoir. Ainsi, chaque personne réagira différemment et des groupes se formeront: les sceptiques, les fanatiques religieux, les suicidaires sans espoir et ceux qui veulent survivrent à tous prix. The Mist nous permet de voir non seulement comment des hommes réagiraient dans une situation semblable, mais aussi jusqu’où un être humain peut aller. Dans ce long métrage, il n’y a pas que les monstres qui sont un danger aux héros, mais aussi madame Carmody et ses adeptes. Ils iront jusqu'à demander un sacrifice humain pour calmer ce qu’ils croient être la colère de Dieu! En gros, pour cet aspect de l’histoire, Stephen King se base sur le principe du philosophe Thomas Hobbes selon lequel « l’homme est un loup pour l’homme». La nouvelle de Stephen King est l’un des meilleurs ouvrages qu’il a écrit à mon avis. Non seulement pour l’étude sociologique mentionnée plus haut, mais aussi pour tout l’univers qu’il a réussi à créer avec cette nouvelle. La constante menace qu’impose la brume et les humains durant l’histoire crée une tension dramatique et horrifique qui ne quitte plus le spectateur pendant près du trois quart du film. Ce qui est génial d’avoir adapté cette nouvelle est qu’elle est ni trop longue comme un roman, ni trop courte comme une nouvelle ordinaire. Ce qui fait que lorsque Darabont a dû épurer le texte, il n'avait rien à enlever. La nouvelle est si compacte et dénuée de longueur, que cela en faisait une œuvre parfaite à adapter. Darabont n'a fait qu’ajouter un ou deux éléments pour expliquer un peu mieux ce qui se passe sans en dévoiler trop. Ainsi, avec autant de matériel, Darabont n’avait plus qu’à transposer tout cela à l’écran. Même si le plus gros du travail réside dans le scénario, le résultat visuel est quand même très important. Au lieu d’approcher le film de façon spectaculaire, Darabont, contraint par son budget de toute façon, a préféré une approche digne des années 70, donc beaucoup plus personnelle et intense par sa réalisation. Ainsi, il ne met pas le paquet sur les effets spéciaux ou des hordes de monstres, mais plutôt par un travail technique très serré et une intensité cinématographique incroyable. C’est d’ailleurs un excellent choix qu’il fait. Autant dans les décors que dans les costumes, il donne l’impression que ce film aurait pu être produit dans les années 70. Il utilise d’ailleurs de vieilles caméras qui donnent un grain au film au lieu de caméras digitales. La différence peut être minime, mais lorsque tous les éléments sont assemblés, Darabont nous sert un film ressemblant fortement à l’ambiance de The Thing de John Carpenter par exemple. Cependant, le seul élément qui risque de choquer certains est la finale, car Darabont y a ajouté une scène qui n'était pas dans le récit original. Même si elle change le ton un peu, elle est beaucoup plus chargée émotivement et donne carrément une grande claque à la figure. C’est le genre de finale qui nous laisse pantois et qui prend du temps à se défaire. Stephen King lui-même a dit en entrevue que s'il y aurait pensé, il l’aurait écrite. Il n’y a donc que les puristes de cette nouvelle qui seront insatisfaits. Finalement, je dois souligner le travail remarquable des acteurs. Thomas Jane (qui avait déjà participé à Dreamcatcher, une autre adaptation de King) est époustouflant dans son rôle et réussit à nous faire vivre plusieurs émotions, surtout avec la finale. Mais c’est Marcia Gay Harden (The Invisible) qui vole la vedette, non seulement aux autres acteurs, mais surtout aux monstres! Comme fanatique religieuse, elle réussit à nous la faire détester au plus haut point et à être plus menaçante que n’importe quel monstres présents dans la brume! Même si j’avais confiance au départ en Frank Darabont pour sa vision de The Mist, je dois dire qu’il a dépassé mes espérances. Non seulement il a été hyper fidèle au texte de King, mais il a réussi à le transposer de façon tel qu’il nous donne la meilleure adaptation d’une œuvre de Stephen King.
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