THE FOURTH KIND
2009
RÉALISATION: Olatunde Osunsanmi
SCÉNARIO: Olatunde Osunsanmi
AVEC: Milla Jovovich, Elias Koteas, Will Patton, Hakeem Kae-Kazim et Corey Johnson
Le faux documentaire n'aura jamais été aussi populaire dans le cinéma d'horreur avec l'ascension des Paranormal Activity, [REC] et Cloverfield. S'il est évident que le sous-genre est destiné à s'essouffler assez rapidement, il est rafraîchissant de voir que certains cinéastes tentent de le faire évoluer. C'est le cas du réalisateur Olatunde Osunsanmi qui signe avec The Fourth Kind son premier film d'envergure.
Supposément basé sur une histoire vraie, The Fourth Kind raconte l'histoire du docteur Abigail Tyler, une psychologue qui pratique dans la ville de Nome en Alaska. Lorsque plusieurs de ses patients qui ont des troubles du sommeil se mettent à lui raconter qu'ils voient une chouette avant de s'endormir, elle se doute que quelque chose d'étrange se produit dans la ville. Puis, lors de séance d'hypnose, les patients se voient tous de réactions exagérées qui portent à croire que la chouette serait en fait la manifestation d'une présence extra-terrestre. À mesure qu'elle enquête cette histoire, Abigail se voit à son tour visitée par l'étrange chouette...
La gimmick de The Fourth Kind repose sur l'utilisation d'enregistrements légitimes des séances tenues par le docteur Tyler. Le réalisateur juxtapose adéquatement les enregistrements à son film pour venir en quelque sorte authentifier le réalisme de celui-ci. Le résultat, n'est certes pas celui escompté (non, mais j'ai tu une poignée dans le dos moi?), mais demeure une technique rarement utilisée au cinéma qui rehausse le degré de divertissement. L'amalgame de film professionnel et du vidéo amateur permet non seulement au réalisateur d'expérimenter avec les techniques de montages et de mixage sonore, mais il offre surtout une expérience cinématographique plus qu'agréable.
Sur ce point, The Fourth Kind est une réussite. Bien que les ficelles soient apparentes, le film est hyper effrayant, à condition de se prêter au jeu. Il serait étonnant qu'Osunsanmi n'ait pas été influencé par la récente sensation Paranormal Activity (qui a commencé la tournée des festivals en 2007), puisque plusieurs des techniques utilisées pour effrayer le spectateur sont identique. Mis à part le style du faux documentaire qui uni les deux oeuvres, Osunsanmi créer le sentiment de peur par l'appréhension de ce qui va arriver. L'alternance entre le film "normal" et le vidéo amateur est méticuleusement calculée pour faire en sorte que le spectateur s'écrase dans son siège à chaque transition. Le sentiment de peur est un des plus subjectif, mais pour ceux qui n'ont pas de difficulté à croire à ce genre d'histoire; The Fourth Kind est un film très effrayant. Les moments de terreur captés par la caméra d'Abigail Tyler sont à faire dresser les cheveux de sur la tête, et ce, même s'il est évident qu'ils ne sont pas réels.
Alors que The Fourth Kind aurait pu s'avérer une expérience de peur aussi viscérale que The Blair Witch Project, Paranormal Activity ou la découverte d'un bouton d'acné à la vielle du bal des finissants, ce n'est pas le cas. The Fourth Kind donne sa large part de frissons dans le dos, mais n'a pas la capacité de réellement traumatiser le spectateur au-delà de sa durée. Une des raisons est qu'il combat le "faux" du début à la fin. Olatunde Osunsanmi veut tellement faire croire que son film est authentique qu'il finit par écoeurer le spectateur. Dès le début, l'actrice Milla Jovovich brise le quatrième mur pour s'adresser au spectateur et se présenter en tant qu'actrice qui personnifie le docteur Tyler. Lors de la première scène la mettant en vedette, son nom est indiqué en lettre grâce pour spécifier à nouveau qu'il s'agit bel et bien de Milla Jovovich qui personnifie le docteur Tyler. C'est ainsi pour tous les personnages, du début à la fin.
Chaque segment provenant des vidéos amateurs ou d'entrevues avec le docteur Tyler sont aussi identifié et surindentifié pour être certain que même le concierge du cinéma ait compris le concept. Même le réalisateur s'adresse au public!! S'il s'était simplement contenté de présenté son film et les vidéos amateurs comme étant vrais, sans souligner le tout au crayon gras, The Fourth Kind en aurait grandement bénéficié. D'autant plus que le scénario est si précipité, illogique et prévisible, qu'il n'est pas très difficile de conclure à la gimmick commerciale. La tendance au scénario à faire dans l'eau de rose vient aussi atténuer la frayeur ressentie durant l'ensemble du film.
The Fourth Kind est le genre de film qu'il faut visionner au cinéma ou à tout le moins avec un cinéma maison performant. C'est un film qui n'a pas grand mérite, mais qui est quand même très efficace. Bien qu'il soit facile de démystifier l'oeuvre une fois celle-ci digérée, ça n'enlève rien au fait que The Fourth Kind réussit à foutre la trouille pendant 90 minutes. Et seulement pour la performance de l'actrice qui joue la "vraie" Abigail Tyler, The Fourth Kind vaut le détour.



• Le Quatrième Type (version française/Québec)


• Fire In The Sky (1993)
• Paranormal Activity (2008)
| |
|