DREAM HOUSE
2011
RÉALISATION: Jim Sheridan
SCÉNARIO: David Loucka
AVEC: Daniel Craig, Rachel Weisz, Naomi Watts, Elias Koteas et Marton Csokas
Une tendance répandue dans le cinéma d'horreur est de présenter une histoire selon le point de vue imaginaire du personnage principal, en ne nous révélant pas la supercherie avant la toute fin. C'est une technique qui compte ses adeptes, mais qui n'a, à mon avis, pas grand mérite. Entre en jeu le scénariste David Loucka qui jette un regard sur l'après-révélation!
En effet, au milieu de Dream House, nous apprenons que la vie de famille parfaite de Will Atenton (Daniel Craig) n'était qu'une illusion créée par la psyché de ce dernier pour le protéger d'une vérité tragique. Bien qu'il aperçoit sa femme (Rachel Weisz) et ses deux filles, celles-ci sont mortes assassinées et Will est le principal suspect. Après avoir appris que sa famille était le fragment de son imagination, Will découvre aussi qu'il vient d'être relâché, faute de preuve, de l'institution psychiatrique où il a été traité pendant cinq ans. Encore confus sur sa propre réalité, il entreprend de découvrir ce qui est arrivé le soir des meurtres des membres de sa famille, au risque d'apprendre qu'il a lui-même commis les crimes.
Ne vous laissez pas méprendre par la distribution alléchante de Dream House, le film de Jim Sheridan est un gâchis gênant! Constamment déchiré entre son désir d'effrayer et de faire pleurer les matantes, le cinéaste à qui l'on doit pourtant My Left Foot, In America et Brothers livre un film autant maladroit qu'ennuyeux. Dès les premiers instants, les revirements à venir nous sont carrément télégraphiés tellement ce qu'on voit à l'écran ne semble pas naturel. Il manquait seulement de grosses flèches rouges pour pointer les indices qui allaient mener aux nombreux twists du film. Dream House ne se remettra jamais de ce départ boiteux et avec le monotone Daniel Craig comme principal protagoniste, il ne fera que s'enfoncer.
Il faut aussi souligner que le scénariste semble s'être préoccupé d'aucune logique, préférant nouer son scénario sans cesse pour le plaisir de mélanger le spectateur sans raison valable. Et lorsqu'un cul-de-sac narratif se pointe le bout du nez, il continue simplement son chemin tout droit sans s'en préoccuper. Le style du film change aussi constamment sans que le scénario ou la réalisation parviennent à instaurer une quelconque homogénéité. Réalité, fantasmes, souvenirs et revirements "Scooby dooesque" se côtoient malhabilement. Il en résulte qu'à la toute fin on ne sait plus si on regarde une copie de The Shining, The Others, Ghost ou The Rabbit Hole. Le tout saupoudrer d'une mélancolie dramatique à faire vomir.
Et on a beau se plaindre du manque de charisme de Daniel Craig à chaque foutu film qu'il sort, il s'avère que ses compatriotes le compétitionnent en terme de médiocrité au point ou il n'est pas le pire acteur du film. Il semblerait que personne n'ait averti Naomi Watts que le tournage du film avait débuté, tellement elle semble sur le neutre et indifférente. À sa défense son rôle n'est pas très étoffé. Surprenamment, la palme revient à Rachel Weisz, pourtant la meilleure actrice du lot, qui est ici bonne par moment et risible par d'autre. Même le bon vieux Elias Koteas n'apporte pas grand-chose.
La rumeur veut que le studio ait altéré la version du réalisateur Sheridan, allant même jusqu'à ordonner le tournage de scènes supplémentaires. Cela ferait beaucoup de sens, puisque même si on reconnait certains des thèmes de prédilection du cinéaste (la famille troublée par un drame) Dream House apparaît comme une anomalie artistique dans sa courte, mais puissante filmographie. Les éléments fantastiques et horrifiques du film sont ceux qui semblent le moins à leur place. Mais cela n'excuse pas que tout le reste est vachement endormant.
Il aurait été naïf de s'attendre à l'équivalent cinématographique d'une maison de rêve en visionnant Dream House. À tout le moins, on aurait pu s'attendre à une demeure nécessitant quelques rénovations pour être confortable. Au final, l'oeuvre est à l'image de la maison décrépie qu'il met en scène! Voilà un prétendant sérieux au titre du pire film de l'année 2011.



• La Maison De Rêve (version française/Québec)


• The Lovely Bones (2009)
• 1408 (2007)
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