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DISTRICT 9
2009
RÉALISATION: Neil Blomkamp
SCÉNARIO: Neil Blomkamp et Terri Tatchell
AVEC: Sharlto Copley, Jason Cope, David James, Vanessa Haywood et Kenneth Nkosi
Peter Jackson a peut-être fait la gaffe de sa vie. Il a déniché et donné un coup de pouce à un réalisateur avec autant, sinon plus, de talent que lui! Avec son premier film, l’élève vient de littéralement torcher le maître.
Il y a près de vingt ans, la ville de Johannesburg, en Afrique du Sud, reçut la visite d’un vaisseau spatial. À l’intérieur, les humains trouvèrent une population extra-terrestre malade et sur le bord de la mort. Les dirigeants de la Terre les ont donc accueillis et installés dans des bidons-villes temporaires. Mais après vingt ans, la population humaine de Johannesburg est sortie de sa lune de miel et insiste pour que la population extra-terrestre soit déplacée loin d’eux. Cette nouvelle race est persécutée de toute part et vit dans des conditions, sans jeu de mots, inhumaines. C’est au point où le gouvernement décide de les déplacer dans une espèce de camp de concentration. C’est en ce jour fatidique de la relocalisation que Wikus Van De Merwe, chef du projet, vivra un événement qui changera le cours de sa vie et de l’humanité.
Le scénario de Neil Blomkamp et Terri Tatchell fonctionne un peu comme un épisode de The Simpsons. Les scénariste de cette émission ont le don de nous présenter une histoire bien construite pour faire un 180 degrée imprévisible dès le deuxième acte. On nous emmène vers le point A pour nous faire complètement virer de bord vers le point B. District 9 est exactement pareille. Mon résumé ne parle en fait que des vingt premières minutes du film. Mais je ne peux pas vous parler de la suite sans vous révéler la véritable histoire de District 9, qui viendra vous emmener complètement vers l’inconnu. Blomkamp et Tatchell ont écrit leur scénario de manière à constamment venir nous surprendre. On ne sait jamais vraiment ce qui va se passer. Bon, parfois tout est un peu trop arrangé avec le gars des vues, mais on est tellement absorbé que, au bout du compte, on s’en contrefiche.
Neil Blomkamp n’est pas le seul talent pur à être découvert. Pour ceux qui auront vu le film, est bien devinez que District 9 est en fait le premier film de Sharlto Copley, celui qui joue le rôle principal. Cet acteur est tout simplement phénoménal! Au début, il réussit complètement à nous le faire prendre peu au sérieux. Il semble mal à l’aise devant une caméra, il passe un peu comme un figurant qui aurait été jeté dans une cage aux lions. Mais plus le film avance, plus son jeu évolue pour faire place à un talent incroyable. Au début, Wikus est un simple bureaucrate minable qui vit un "power trip". Il détruit les œufs des extra-terrestres, les évacuent de leurs maisons, les regarde comme de simples bêtes, bref, un moyen trou-du-cul! Mais lentement, subtilement, il parviendra à venir chercher la sympathie du public. Le genre d’acteur qui pourrait vendre un frigidaire à un Eskimo.
Je ne sais pas si Blomkamp a toujours eu ce goût ou bien si c’est Peter Jackson qui l’a influencé, mais District 9 contient du gore, en veux-tu, en v'là! Des carcasses d’extra-terrestres disséquées, des humains qui éclatent en explosion de jus à profusion ainsi que des maquillages à couper le souffle. De plus, les effets spéciaux sont incroyablement bien réussis, même parfaits! Avec des plans toujours un peu flous et granuleux, pour garder constance avec le style documentaire du film, les extra-terrestres paraissent plus vrais que nature. Durant les dix ou quinze premières minutes, si j’avais vu ce film à neuf ans, je l’aurais pris pour du cash. C’est à ce point réussi.
Sans trop révéler l’histoire du troisième acte, disons seulement que Blomkamp nous livre un film d’action haut en couleur. Micheal Bay peut aller se rhabiller, embarquer dans sa voiture, conduire, arrêter sur le pont et se pendre avec une corde sur laquelle est accrochée une feuille ou il est inscrit: « Je meurs dans la honte…et j’ai un petit pénis! ». C’est alors que l’on peut voir en action le fameux robot de la bande-annonce qui semble un mélange entre l’exosquelette d’Aliens et d’un Goliah dans Starcraft. Cette portion du film vient carrément nous donner le coup de grâce et nous achever avec des scènes de fusillades et de poursuites qui nous font penser un peu à une version horrifique de Black Hawk Down.
2009 est l’une des années les plus fructueuses pour le cinéma d’horreur. On est au début août et mon top 10 de l’année est déjà bien garni, avec District 9 qui se place bien en haut. District 9 est l’un des rares films où j’avais de très fortes espérances et où le film les a excédés. Neil Blomkamp, je t’offre ma virginité en guise de remerciement!



• Aliens (1986)
• The Fly (1986)
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