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COMING HOME2008
RÉALISATION: Éric Falardeau Ayant déjà à son actif deux courts-métrages au succès notoire, – La petite mort (hommage à Dario Argento) et Purgatory (film introspectif sur la souffrance intérieure) – Éric Falardeau s’est taillé une place de choix parmi les réalisateurs à surveiller dans le paysage du cinéma d’horreur québécois. Avec Coming Home (19mins), il revisite en partie le thème de son dernier film, en l’abordant toutefois selon une perspective différente. Deux hommes attendent depuis longtemps de se rencontrer à nouveau. Leur destin est lié à une mystérieuse bobine de film 8mm. Leur rencontre sera l’occasion de faire ressortir une fois pour toutes les démons du passé. Coming Home se présente comme une fable sur l’impossibilité de mettre un terme à la souffrance par la vengeance. Le propos du film est ici adroitement appuyé par sa principale location de tournage, à savoir un champ en bord de route, déserté et recouvert de neige. Un endroit sans ressource, sans échappatoire. Une sombre et douce poésie se dégage de la photographie des images d’hiver de Coming Home. La blancheur de la neige devient ironiquement un leurre, car effacer le passé n’est jamais permis. Falardeau renforce d’ailleurs cette idée vers la fin du film lors d’une scène franchement hallucinante. Le film possède un récit au contenu abstrait, le spectateur étant invité à s’imaginer l’histoire derrière cette funeste rencontre entre les deux hommes. Les ressemblances entre Purgatory et Coming Home sont frappantes. Falardeau utilise encore une pellicule super 8mm bien granuleuse, ce qui confère un aspect vieillot et statique à l’environnement dans lequel ses protagonistes évoluent. Aussi, les sons paraissent décalés et les longs silences renforcent l’impression de fatalité. La prédominance de plans fixes de longues durées ainsi que l’absence de musique génèrent un lourd climat d’incertitude. Coming Home est un court-métrage de facture plutôt minimaliste. Le film repose sur un minimum d’actions et de dialogues et élabore l’essentiel de son sens grâce à l’expressivité inhérente à chaque plan. Le résultat est très original et assez réussi dans l’ensemble. Certes, Coming Home n’est peut-être pas aussi accrocheur ou aussi gore qu’il n’aurait pu l’être. Mais c’est justement par sa sobriété que Falardeau fait preuve de sagesse. Le réalisateur parvient à trouver le juste équilibre qui permet de donner un véritable poids à son sujet. En raison de la particularité de sa forme, Coming Home n’est pas tant facile d’approche et demandera idéalement plusieurs visionnements pour en saisir toute la subtilité. Cela ne lui enlève aucune valeur; au contraire. Peu de jeunes cinéastes osent faire des films d’horreur qui s’écartent autant des conventions. Coming Home confirme le talent et le sérieux de la démarche d’Éric Falardeau. Pour plus de détails, vous pouvez visiter le site officiel des productions Out Of Nowhere en cliquant ici.
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