CHILD’S PLAY

1988

RÉALISATION: Tom Holland
SCÉNARIO: Don Mancini, Tom Holland et John Lafia
AVEC: Catherine Hicks, Chris Sarandon, Alex Vincent, Dinah Manoff et Brad Dourif

Vous souvenez-vous de l’époque à laquelle Chucky, la poupée maléfique, était effrayante? De la période où la vue de cette poupée rousse au chandail arc-en-ciel foutait la trouille au lieu d’un fou rire? Eh bien ça fait déjà vingt de cela les amis!! Pour commémorer le vingtième anniversaire de Chucky, MGM met sur le marché une édition spéciale très attendue sur DVD.

C’est le sixième anniversaire d’Andy Barclay et un seul cadeau lui ferait plaisir : une poupée à l’effigie de son émission favorite, Good Guys. Étant une poupée très dispendieuse, qu’elle n’est pas la surprise de sa mère lorsqu’elle en déniche une à un pris modique d’un vendeur de rue. Lorsque sa gardienne meure dans des circonstances nébuleuses, Andy porte le blâme sur sa nouvelle poupée. Persuadée que son fils a besoin d’aide, Karen revient rapidement à la raison lorsqu’elle est témoin à son tour des agissements de la poupée! Elle devra maintenant protéger son fils de son nouveau jouet qui a pris la fuite tout en tentant de faire croire son histoire sordide.

Bien qu’il ait perdu de son lustre en raison d’une série de suites douteuses (non mais avez-vous vu le piètre Seed Of Chucky?), Child’s Play est un de ces films qui peut se vanter d’avoir marquer une génération de cinéphiles. Ceux qui ont grandi dans les années 80 ont certes eu la visite de Chucky dans leurs cauchemars à plus d’une reprise et certains sont même aujourd’hui encore traumatisés par le souvenir de cette poupée! Il faut donner crédit à son créateur, le scénariste Don Mancini, pour avoir bien exploité une peur quasi universelle, celle qu’ont les enfants envers un jouet en particulier. La force première du film est d’avoir encadré une histoire complètement saugrenue dans un milieu réaliste.

Pour donner l’impact voulu à l’histoire, Mancini a décidé de faire sévir la poupée chez une famille de classe moyenne, éclatée de surcroît. En Karen et Andy Barclay, Mancini a créé deux personnages sommes toute anodins, mais qui réussissent à impliquer dans l’histoire les deux publics recherchés, à savoir les enfants et leurs parents! Tout enfant avec la moindre imagination s’est fait prendre au jeu, tout comme les plus vieux qui s’identifiaient avec les questionnements de Karen envers son fils. Le scénario de Child’s Play mise juste assez sur l’horreur psychologique et la suggestion pour ne pas devenir redondant. Et lorsque nous croyons avoir saisi la direction du film, l’horreur embarque. La scène où Karen découvre avec stupéfaction que la poupée Chucky fonctionne sans ses batteries est un modèle d’épouvante !

Si l’idée de départ de Mancini était de vivement critiquer la commercialisation à outrance d’articles douteux pour enfants, Child’s Play a gagné de l’étoffe horrifique entre les mains du réalisateur Tom Holland (Fright Night). Tout en gardant un minimum de satire envers les compagnies de jouets (la campagne de promotion des poupées Good Guy en témoigne), Holland et le co-scénariste John Lafia ont porté l’histoire de Mancini dans un concept plus classique du cinéma d’épouvante. En fait, mis à part les éléments reliés au vaudou, Child’s Play prend souvent l’aspect d’un drame policier… avec une poupée de deux pieds prenant la place du truand! La réalisation d’Holland comporte peu d’artifice, rendant le tout beaucoup plus réaliste. L’idée de tourner dans des quartiers pauvres de Chicago en plein hiver apporte aussi beaucoup à l’atmosphère général du film.

Si Child’s Play a connu autant de succès à sa sortie, c’est incontestablement grâce à son antagoniste, Chucky! Comme c’est souvent le cas avec les premiers films d’une série et contrairement à toutes les suites, les producteurs du film ont eu la brillante idée de ne pas centrer sa commercialisation sur Chucky. D’ailleurs dans une décision audacieuse, la poupée n’apparaissait même pas dans l’affiche originale. C’est donc l’effet de surprise qui a donner tout son charme à Child’s Play. Il faut dire aussi que les effets de Kevin Yagher (A Nightmare On Elm Street 2) sont forts réussis et que le personnage tombe rarement dans l’humour vulgaire et enfantin comme dans les suites.

Avec le recule, il faut avouer que Child’s Play n’est pas du même calibre que les autres films icônes des années 80 tels que Friday The 13th ou A Nightmare On Elm Street. Le scénario aurait certes gagné à étoffer ses personnages en début de parcours, notamment la relation entre Karen et son fils. Bien que Chucky soit un personnage fascinant à regarder, Holland aurait aussi bénéficié à le garder plus dans l’ombre et à ne pas lui donner trop la parole. Des scènes comme celles où Chucky électrocute un médecin où utilise une poupée vaudou pour tuer un sorcier, enlèvent beaucoup de crédibilité au film et auraient été mieux positionnées dans une des suites.

Après neuf ans d’attente, MGM fait finalement suite au piètre DVD plein écran mis sur le marché. Pour la première fois, Child’s Play est donc présenté dans son format panoramique d’origine avec une bande sonore en 5.1 (version française incluse). Le DVD contient deux pistes de commentaires audio, la première avec Catherine Hicks et Alex Vincent et la seconde avec le producteur David Kirshner et Don Mancini. Plusieurs documentaires sont aussi inclus, dont trois récents portant sur différents aspects du film et un autre tourné à l’époque de la sortie du film.

Croyez-le ou non, Chucky a déjà été effrayant! Et il ne l’était pas à moitié!!! Que ce soit par nostalgie ou pour initier une nouvelle génération de cinéphiles, ce nouveau DVD de Child’s Play est un incontournable.

  • Dany Champagne

  • • Jeu D’Enfant (version française)

     

    Child’s Play 2 (1990)
    Child’s Play 3 (1991)
    Bride Of Chucky (1998)
    Seed Of Chucky (2004)

     

    • Dolly Dearest (1992)
    trilogy Of Terror (1975)

     

     
     


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