À L’INTÉRIEUR

2007

RÉALISATION: Alexandre Bustillo et Julien Maury
SCÉNARIO: Alexandre Bustillo
AVEC: Béatrice Dalle, Alysson Paradis, Nathalie Roussel, Francois Régis Marchasson et Jean Baptiste Tabourin

Alexandre Bustillo a une amie qui habite un pavillon en banlieu francaise et il s’est dit qu’il devait être flippant pour une femme qui vit seule, d’être importuné par un inconnu la nuit dans un quartier comme le sien. Voilà sa principale inspiration pour écrire son scénario. À L’Intérieur tend à l’ultra violence graphique, qui sera sans doute la spécialité du duo Bustillo et Maury, qui tente de réaliser des œuvres qui se démarquent des classiques à l’américaine. Leur but premier est de satisfaire les vrais fans du genre horreur goresque.

Sarah a perdu son mari après un accident de voiture très violent quelques mois auparavant. Elle est enceinte et doit accoucher le lendemain par déclenchement. C’est le réveillon de Noël et elle passera la nuit seule à la maison. Mais une femme terrifiante vient cogner à sa porte et réussit à s’infiltrer dans la maison. Cette femme veut lui voler son enfant et n’hésitera pas à lui ouvrir le ventre pour obtenir ce qu’elle veut.

À l’origine, le meurtrier devait être un homme qui tue des femmes enceintes pour se nourrir de leur placenta. Mais Bustillo s’est rétracté, trouvant cette idée trop classique. Une femme serait beaucoup plus distinctive comme assassin. L’allure de cette femme mystérieuse est inspirée du personnage de Deborah Kerr dans The Innocents, mais avec un côté gothique créant un personnage sorti des ténèbres, surnaturel et particulièrement dérangé. Les deux réalisateurs voulaient qu’elle ressemble aux meurtriers des films de Dario Argento ou Mario Bava, tout habillés de noir et gantés de cuir. L’effet voulu est extrêmement bien réussi. Lors des scènes de psychose et de meurtres, on montre Béatrice Dalle en saccadé, et saupoudrée de sons stridents, aiguës et très énervants.

Une femme enceinte dans un film d’horreur est un tabou que Bustillo a voulu utiliser pour transgresser les limites du réel. Il a voulu réaliser un Rosemary’s Baby qui offre du gore à souhait pour les VRAIS fans du genre. Alors si vous n’êtes pas attiré par ces films où la mer rouge coule à flot du début à la fin, abstenez-vous. Même le générique du début est sanguinaire! Cependant, avec un maigre budget de deux milions d’Euros (3,003,400$ CA), les effets spéciaux souffrent particulièrement à certains endroits. On distingue facilement le caoutchouc, le plastique, le silicone et les retouches à l’ordinateur utilisés par ce manque de budget.

Halloween de John Carpenter est aussi une source d’inspiration importante pour les décors du film. Ils voulaient reproduire la petite maison de banlieue et le cartier tranquille et paisible du film afin d’amplifier la solitude de Sarah au début du récit. La jeune femme est très dépressive, solitaire et fortement déprimée. Sa solitude est également démontrée par un jeu de lumière qui leur est inspiré du vidéoclip Lost de Noir Désir. L’éclairage est neutre et sobre au début et plus l’histoire avance, plus les images deviennent sombre. À la fin, elle est accentuée d’une teinte rougeâtre qui accompagne magnifiquement l’excès gore utilisé pour la touche finale.

Grâce à l’influence de grandes réalisations dans le monde de l’horreur, le premier essai des deux réalisateurs francais démontre quelques maladresses, mais leur amour pour le cinéma d’horreur et leur volonté d’apporter du sang neuf dans le genre ne pourra qu’être prestigieux pour leurs prochains essais. Le film démontre le potentiel et le courage de ces deux nouveaux arrivés dans le domaine, et s’ils disposent d’un budget plus important pour leur prochaines réalisations, le résultat ne pourra qu’être parfait. Le duo est justement au travail pour leur prochain film qui est annoncé pour janvier 2009. Il s’agit d’un remake du célèbre Hellraiser de Clive Barker.

  • Karine DeBlois

  • Inside (titre anglais/USA)

  • Baby Blood (1990)
  • Rosemary’s Baby (1968)

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