13 Eerie

2013

RÉALISATION: Lowell Dean
SCÉNARIO: Christian Piers Betley
AVEC: Katharine Isabelle, Michael Shanks, Brendan Fehr, Brendan Fletcher et Jesse Moss

Six étudiants en médecine aspirant à devenir légistes sont convoqués sur une île abandonnée par un de leurs enseignants. Durant leur séjour dans l’endroit, celui-ci sélectionnera l’élève le plus méritant parmi eux afin de lui offrir un stage avec le FBI. Dans le but de les évaluer, plusieurs cadavres ont été disséminés sur l’île par le prof. En équipe de deux, les étudiants devront les examiner. Ce qu’ils ignorent cependant, c’est que le secteur a longtemps servi à des expérimentations biologiques illégales, commises sur des prisonniers condamnés à perpétuité… De fait, les dépouilles de ces derniers sont désormais revenues à la vie et rêvent de festoyer avec les tripes de nos chers élèves!

Distribué par Eone, tourné en Saskatchewan, 13 Eerie laissait penser que l’on pouvait avoir affaire à une petite réussite indépendante de chez nous. Rapidement, on déchante. Malgré l’intéressante distribution, dans laquelle on retrouve plusieurs visages connus du petit monde du cinéma d’horreur canadien, les protagonistes manquent cruellement de personnalité. « Attention! Ces bois sont maudits! », marmonnera un vieux cuisinier alcoolique qui, on se demande bien pourquoi, a tout de même accepté d’accompagner l’équipe dans lesdits bois. La photographie est d'ailleurs si fade, si fade qu’on se demande si l’on va réellement tenir jusqu’au générique de ce 13 Eerie.

Pourtant, quelque chose nous empêche de mettre fin au spectacle. Malgré la succession de décisions discutables prises par les protagonistes (lorsque l’on vient de mettre à mort trois zombies, il est ma foi peu crédible d’abandonner le cadavre de son énième ami fraîchement décédé en assumant qu’au contraire des autres, il n’essaiera pas de prendre une bouchée de soi dans cinq minutes), malgré le manque d’énergie flagrant de la réalisation (la première attaque de morts-vivants a un facteur d’immersion quasi nul), on poursuit l’expérience.

C’est que, voyez-vous, 13 Eerie dégage une sorte d’énergie du désespoir qui force le respect. La trame sonore est trépidante. Les maquillages du film sont franchement réussis, en particulier vu le bas niveau du reste de la production. Les morts-vivants sont de véritables affreux et leur aspect travaillé permet au film de les utiliser dans des scènes autrement plus élaborées que ce l’on peut voir dans certaines productions fauchées. L’œuvre propose aussi des effets gores plutôt réussis. Yeux crevés, bouche empalée, organes balancés à l’air libre et autres mutilations saugrenues parsèment le film. De plus, Katharine Isabelle (Ginger Snaps, Freddy Vs Jason, Vampire) brille par sa qualité d’interprète, même dans une cause perdue comme celle à laquelle elle prend ici part. Les scènes où elle dérouille du zombie sont les plus agréables de cette production. On a particulièrement hâte de la retrouver dans le rôle-titre d’American Mary!

Malgré tout, même si l'on parvient à avoir quelques bons mots pour ce film, il nous est impossible de sciemment vous le recommander. En fait, son scénario est vraiment trop con. Chaque fois que l’on pense commencer à adhérer à l’œuvre, celle-ci nous signifie cruellement que l’on aura eu tort de lui faire confiance. En plus de sa prémisse et de ses personnages tirés par les cheveux, 13 Eerie propose sans cesse des passages narratifs d’une maladresse consternante. La palme revient à une scène de baiser inattendue qui se soldera par l’un des plans les moins naturels que j’ai vus de ma vie! On apprécierait aussi de la part du long métrage qu’il nous propose un début de bout d’explication sur l’existence de ses morts-vivants, mais jamais ne juge-t-il bon de le faire. D’autre part, 13 Eerie tient plus du survival que du film de zombies.

En somme, 13 Eerie ne passe pas le test malgré ses quelques qualités éparses. Il s’agit d’un film pour lequel le scénario (et même le travail de caméra) ne semblent qu’être des passages obligés pour mettre en scène d’intéressants effets gores. Il y a des gens doués au service de cette production. Il y a aussi de véritables cancres qui la ruinent. Dommage!

  • Marc-Antoine Labonté

  • Nightmare City (1980)
    House of the Dead (2003)

     

     
     


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